Le murmure mystérieux des choses
Par lilibellule le samedi 21 novembre 2015, 08:11 - Le ciel est par-dessus le toit - Lien permanent
Parfois, il suffit de tendre l’oreille

St Bertrand de Comminges, août 2015

Trois beaux ballons, Philippe Berry, 2009 (devant le musée)
- Courez, disent les nuages. - Je vous en prie, asseyez-vous. Et laissez-vous rouler si le coeur vous en dit, murmure l’herbe. - Mais non, montez donc, implorent les escaliers. - Prenez le temps, s’exclament les arbres et les enfants … - Eh, regardez notre belle couleur qui fait chanter le paysage, lancent les tuiles ! - Laissez résonner librement l’écho, soupirent les montagnes … (L.F)
“ça bavarde les choses faut pas croire faut écouter leur mutisme bavard se taire pas parler dessus non seulement se taire et les écouter ça s’agite dans le souterrain des fossoyeurs ça cause partout c’est secret bien sûr ça parle une langue qu’on ne comprend pas qu’on ne comprend plus mais on saisit des bribes parfois quand on se tait ça rentre pas par les oreilles de la tête ça rentre par ailleurs par le corps par les pieds par les doigts faut se taire et écouter ce murmure ça parle doucement comme avec un mouchoir dans la bouche ou un chiffon sur les lèvres ça crie pas ça murmure mais ça s’entend dans le silence il faut attendre attendre parfois longtemps guetter ne rien faire se rendre disponible scruter s’enfouir dans ce tout redevenir une partie de ce tout de silence alors on entend le murmure mystérieux des choses que le bruit barbare recouvrait alors tout redevient harmonieux les statues marchent la nature bavarde les masques sourient et le secret apparaît dans son évidence même à celui qui s’offre à l’accueillir dans l’atelier du regard silencieux le tissu du monde recousu ressuscite et délivre sa parole fossoyée”
Francis Ricard, poète vivant à Toulouse
édition printemps des poètes 2014 : “Au coeur des arts”

Pillier des quatre évangélistes, sac et chapeau, dans le cloître

Arbre, banc et fleurs dans le p’tit jardin attenant
Après dix-huit billets, fini ces chroniques de Haute-Garonne !
Désormais je rejoins les petits sentiers de l’Anjou qui semblent avoir déjà traversé l’automne.
Merci de votre présence fidèle et de vos commentaires
que je goûte toujours avec plaisir !
Commentaires
Merci pour ces découvertes. Cette muraille est impressionnante à sa manière. Merci de nous rappeler qu'il y a aussi de la poésie dans ce monde.
Ta photo des ballons de Philippe Berry, prise en temps de paix, renvoie à l'actualité. C'est troublant.
En haut quel mur !!! Vraiment il m'étonne...
Donc nous allons aller en Anjou ? ok!!
Quelle belle manière de prolonger ses vacances que d'en étirer le temps en le partageant avec nous. En faire une source d'inspiration nouvelle, écouter parler les choses.
entendre et regarder, écouter ça s'apprend ! mais tout seul ou presque, qui aide et comment ? tout ça c'est grand mystère, alors s'atteler à la tâche... qui s’allègera peut être, tout dépend de la météo des humeurs ! @ +
J'aime le murmure des silences, je vais aller découvrir Francis Ricard, même si on est en automne... J'aime ces trois beaux ballons, la légèreté est donc ancrée sur terre ? Bises. brigitte
Une muraille que l'on voit peut-être depuis la lune, qui sait ?
J'aime bien le sourire de la belle inconnue sur la dernière photo