Curieusement le texte s’intitule “Madrigal”, ce qui évoque habituellement un petit poème libre d’inspiration bucolique, avec des élans amoureux. A voir … Il démarre ainsi :

“J’ai hérité d’une sombre forêt où je me rends rarement. Mais un jour, les morts et les vivants changeront de place. Alors la forêt se mettra en marche. Nous ne sommes pas sans espoir. Les grands crimes … “

Vous pouvez lire la suite du poème de Tomas Tranströmer ici.

*

Je me retrouve, moi, dans cet héritage.
Tristesse, mélancolie, histoire familiale tissée d’expatriements, de ruptures, de décès, d’abandon, etc.
Mais à la différence du poète, pendant des années, je m’y rendais souvent dans cette “sombre forêt”.
Je crois qu’un jour les morts et les vivants mettront la forêt en marche.
Sous l’impulsion de cet immense amour. Inexpliqué, c’est à dire gratuit.
Faut-il oublier ?
Je ne le pense pas. Mais vider, oui, le sac d’amertume,
la tunique d’orgueil, les mains qui voudraient tout retenir.
Et puis s’étendre sur le fil au soleil.
Patiemment sentir bon le printemps.
Comme un linge fin.

Lily Framboise
Mars 2015