2014-09-26_Libellule_Jardin_expression_046X1.jpgAprès le voyage en enfance, mercredi, voici l’atelier (et ses abords) d’un savant “fou”. Cet homme cherche le moyen de propulser des véhicules grâce au vent et poursuit le rêve de dénicher de nouvelles énergies non polluantes.

Sur le coup, j’ai éprouvé un sentiment de déjà-vu face à cette deudeuche fleurie, mauve, qui semblait vouloir aguicher le badaud et en jeter plein les mirettes. Ah, les années soixante-dix, les rêves hippy, baba-cool et Cie, c’était charmant …- même si j’étais encore jeune à l’époque - ! Cependant je n’ai pas d’emblée été conquise par cette création. Peut-être l’attente de plus de subtilité, de surprise.

Oh, le jeu de la lumière sur cette “vasque” de la seconde moitié du XXe siècle ! J’aime. Et j’admire un moment.

Une femme passe, s’exclame :”Ah ! Une voiture dans un jardin !??
- C’est un atelier durable, rétorqué-je.”
Voilà que finalement une tendresse me pousse à défendre la bagnole aux couleurs arc-en-ciel. Mais oui, elle n’est pas sans me faire songer à tous ces êtres qui cherchent à couler de la bonne humeur dans le quotidien, mine de rien ! Et à ceux qui manipulent les godets, les cagettes et la serfouette dans les jardins de Cocagne ou jardins Sol y Daire où, depuis 20 ans, notre p’tite famille s’approvisionne.

Jardin-d-expression_1055X1.jpg

L’atelier durable

Jardin-d-expression-jeudi_009X2.jpg 
  
Mais qu’est-ce donc un atelier durable ? J’en vois déjà qui voudraient m’expliquer. Oui, bon, je sais. Un concept qui aurait été judicieux il y a deux cents ans :-((

Seul un changement en profondeur des valeurs, des choix sociaux et des modes de vie
permettra le développement de communautés viables.

(in Le modèle du développement alternatif)



“Je passe en revue
ce qui communément se dit :
la pierre respire
le bois travaille
l’arbre se dénude
le ciel se couvre
le vent gémit
l’herbe se couche
le nuage court
la forêt recule
le volcan se réveille
l’étoile pâlit
la mer mugit
le soleil se cache
la montagne tue
le désert avance
etc…
Et voilà que je songe à ces tribus arabes d’avant l’islam qui façonnaient des statuettes de dieux avec des dattes, les adoraient pendant que la nourriture était abondante, puis, en temps de pénurie, les mangeaient sans état d’âme. Que faisons-nous d’autre avec la nature, cette divinité que nous avons recréée à notre image en pétrissant quotidiennement la pâte de la langue ? Aujourd’hui, ne sommes-nous pas en train de la dévorer après l’avoir tant adorée ? “

Abdellatif Laäbi  Édition Printemps des poètes 2011 D’infinis paysages

La_terre-Apollo_17.jpg

Image de la terre vue d’Apollo 17 

“Il faisait un temps pour les grenouilles,
les escargots, les limaces
mais il n’y avait plus ni grenouilles, ni escargots,
ni limaces”
[…]
Jean L’Anselme

Pessimiste, non !
Mais alors,
qu’est-ce qui peut vraiment être durable ?
Durable, peut-être, certainement,
l’écoute, le respect de soi, des autres,
l’entraide, la joie, la bienveillance,
le silence ou le sourire partagé,
l’amitié du pauvre,
la poésie

“Comme le jour dépend de l’innocence
Le monde entier dépend de tes yeux purs”


  Paul Eluard, Capitale de la douleur, (1926)

Mis en exergue du “Donne-moi quelque chose qui ne meure pas”
de Christian Bobin (écrivain-poète) et Edouard Boubat (photographe)