Ne rien faire
Un prof d'histoire d'un de mes enfants, au collège, nous confiait lors d'un entretien que pendant ses cours, il prenait toujours un temps de relâche, c'est-à-dire que durant deux ou trois minutes, à la fenêtre, il regardait le ciel, les branches, les oiseaux... Eventuellement les anges qui passent et les chats-volants.
Pour lui et pour ses élèves.

Odilon Redon (1840-1916) :
Portrait de Violette Heymann (1910),
pastel, Cleveland Museum of Art.
Mais beaucoup de choses se sont faites en moi.
Des oiseaux qui n'existent pas
ont trouvé leur nid.
Des ombres qui peut-être existent
ont rencontré leurs corps.
Des paroles qui existent
ont recouvré le silence.
Ne rien faire
sauve parfois l'équilibre du monde,
en obtenant que quelque chose pèse
sur le plateau vide de la balance."
Roberto Juarroz, poète argentin, 1925-1995
" Treizième poésie verticale"
Commentaires
C'est une tendance actuelle, qui va à l'encontre des lois de l'économie et de l'effort. Superbes pastel et poème. Je les goûte tranquillement devant la fenêtre ouverte. Bonne journée !
J'aime beaucoup l’ensemble tableau et poème. des mots bien choisis et très élégants
L'ode au silence, à la réflexion, au rêve, il faut apprendre à buller pour mieux revenir au réel...
J'ai retrouvé votre lien chez Fiifi
Bonne soirée
J'aime beaucoup la poésie de Juarroz ; elle est superbe. Le tableau également, je ne le connaissais pas.
@ Coline : Cela aurait fait bondir nos aïeux, mais les temps ont changé. La slow attitude nous est venue des pays nordiques, je crois.
@ Sedna : Les deux se marient bien, en effet. Des mots et des images... comme ces oiseaux, ces paroles, ces ombres, sans oublier l'équilibre du monde. Tout un programme.
@ Marine : L'esprit a besoin de vagabonder sur des laps de temps choisis. Et ensuite, nous sommes plus apte à affronter ou plus simplement à coller au réel. Bonne soirée également.
@ Aifelle : Encore du Juarroz (sur la même page):
"Je me suis réveillé, un morceau de rêve entre les mains,
et n'ai su que faire de lui.
J'ai cherché alors un morceau de veille,
pour habiller le morceau de rêve,
mais il n'était plus là.
J'ai maintenant un morceau de veille entre les mains
et ne sais que faire de lui."
Pour Redon, ce tableau est une découverte pour moi aussi.
Merci ! peux-tu me dire de quel recueil ces poèmes font partie. J'ai très envie de continuer avec Juarroz. (je précise toujours en riant "découvert sur un trottoir"). Il y a eu un festival de poésie dans mon quartier pendant deux ou trois ans. Des poèmes étaient écrits sur les vitrines des boutiques et à même les trottoirs. Je regrette qu'il se soit arrêté.
@ Aifelle : " Treizième poésie verticale" https://www.babelio.com/auteur/Robe...
C'est peut-être les confinements liés à la pandémie qui ont stoppé ce festival. Dommage, en effet, car la poésie améliore beaucoup le vivre ensemble et le moral des individus. Elle ouvre des espaces nouveaux, porteurs d'énergie et de création. Bonne lecture de Juarroz.