Oser encore
C'est l'hiver, la saison du repos dans la nature et pourtant... elle travaille ! Pour nous, humains, ce n'est pas le moment de baisser les bras, de sombrer, de déprimer. Nous pouvons nous imprégner de cet extrait de poème d'Andrée Chedid - décédée le 03 février 2011- accompagnant des photos de ciel, de terre et d'eau.

"... Oser encore recourir à l’espoir
Oser encore

Porter l’instant et le rendre à lui-même
Répondre quel qu’il soit
Au baiser de la terre,
Vouloir ce plus loin dont on ne sait le nom."
"Au coeur du coeur",
Andrée Chedid (1920-2011)

Commentaires
Bien sûr l'hiver incite à la mélancolie mais c'est aussi un moment d'intériorisation, de retour vers soi, instant propice à la réflexion.
Merci pour ce très beau poème d'Andrée Chedid, je possède le recueil où il se trouve. Des mots simples, mais qui en disent tellement...
Bonne fin de soirée, Cathie.
répondre quel qu'il soit / au baiser de la terre : quand je vois les saisons se bousculer, l'hiver à peine prononcée, et toutes les difficultés qui s'amoncellent, reprendre ces mots d'espoir n'est pas toujours aisé... et pourtant il faut pour se donner les forces pour avancer ...
Andrée Chedid, une grande référence en poésie.. beaucoup d'humilité en la relisant... L'hiver s'éloigne un peu mais ses guerriers sont juste au repos. Attendons que février soit passé pour chanter vive le printemps..
juste ce temps, cette pause qui finalement fait du bien à l'âme aussi.
"Répondre... au baiser de la terre", cela interpelle, surtout en ce temps de mécontentement du monde agricole. Nous sommes souvent avides de prendre tout ce que la terre peut donner, sans nous préoccuper de sa bonne santé, et sans vouloir payer le juste prix. Réduisons notre consommation et apprenons à mieux connaître la nature et à l'aimer.
photos douces
@ daniel : L'hiver, peut-être plus que les autres saisons, nous invite à l'espoir. Nous espérons le retour des beaux jours et l'énergie que cela entraîne. Mais la fin janvier est connue pour être une période de blues. A traverser, donc.
@ Françoise : Les mots d'Andrée Chedid sont empreints de réalisme et joie intérieure, de proximité et d'élan pour ne pas se laisser engourdir. De plus, cette femme est pluriculturelle, ce qui est aujourd'hui un atout considérable. A lire et relire.
@ thé âche : La poésie est une force (parmi d'autres). Elle nous rend intérieurement plus sensible à ce qui se déroule autour de nous (en négatif et en positif). Après, il importe qu'elle conduise à des gestes dans notre quotidien. La somme de tous ces petits gestes n'est pas vraiment mesurable, mais ne déplace-t-elle pas les montagnes, lorsqu'on y croit.
Qu'il m'est agréable et intense de lire et relire Andrée Chedid, j'aime ce petit recueil de poèmes : Au cœur du Cœur, les mots qu'elle a su écrire laissent rejaillir sur elle sa grandeur d'âme . Merci Cathie.
Je ne résiste pas à recopier celui-ci :
"Saisir le grain des heures
Étreindre l'étincelle
Ravir un paysage
Absorber l'hiver avec le rire
Dissoudre les nœuds du chagrin
S'imprégner d'un visage
Moissonner à voix basse
Flamber pour un mot tendre
Embrasser la ville et ses reflux
Écouter l'océan en toutes choses
Entendre les sierras du silence
Transcrire la mémoire des miséricordieux
Relire un poème qui avive
Saisir chaque maillon d'amitié"
@ Sedna : Ceci n'est pas une ode au printemps, mais un encouragement à traverser la période de déprime que nous connaissons souvent en cette fin janvier. Soyons donc patient, d'autant plus que le froid peut revenir. Les mots d'Andrée Chedid peuvent nous apporter un souffle revigorant qui nous permet de voir plus loin.
@ Sépia : Tout à fait d'accord, nous vivons au-dessus de nos moyens et cela ne peut durer éternellement. Il faudrait une prise de conscience beaucoup plus large, mais passer à un autre mode de vie s'avère difficile pour beaucoup. La poésie, à mon sens a du pouvoir, car elle parle au coeur qui peut être un moteur pour le changement.
@ broutilleb : Janvier nous a apporté une lumière douce, agréable pour la photo. Merci.
@ monique : Cette auteure a laissé une œuvre pleine de proximité avec le vécu de chacun(e). Les yeux ouverts devant nos difficultés, nos contradictions, mais le cœur tourné vers le soleil, l’espérance, le partage, la fraternité... Elle fait partie des grand(e)s du XXe siècle et mérite d'être étudiée au lycée et même au collège. Merci pour le poème offert qui enrichit ma collection. "Absorber l'hiver avec le rire" est tout à fait d'actualité... avec tous les autres vers.