A l’aube, lorsque le ciel est dégagé, je contemple parfois l’étoile du matin, Vénus, particulièrement brillante ces temps-ci. Elle me réjouit, me donne confiance, me lance dans ma journée. L’autre jour, je pensais à Arthur, il avait seulement dix-sept ans lorsqu’il écrivit un petit poème sans titre, un quatrain recopié de la main de son ami Paul : L’étoile a pleuré rose … Peut-être une étude sur les couleurs, plus certainement une critique du culte de Vénus, à replacer dans le contexte du XIXe. Le rythme et les images en sont magnifiques, presque troublants. Alors, moi, en modifiant un peu les couleurs et les mots, j’ai voulu en faire un poème pour aujourd’hui : L’étoile a pleuré jaune. Quant à demain, j’irai voter, bien sûr !
Gauguin - Autoportrait au Christ jaune -1889