Contes de Palestine
Par lilibellule le samedi 25 juin 2016, 06:07 - Du grain sur le toit - Lien permanent

Lorsque je pense “Contes de Palestine”, aussitôt me sautent à l’esprit le nom plaissant et l’accent chantant de … Praline (mais voui !) Gay-Para. Cette femme, ethno-linguiste de formation, a commencé à vivre sa passion par des collectages au Liban, le pays qui l’a vue naître, mais depuis trente cinq ans, elle voyage sur tous les continents, fouine dans les bibliothèques, interroge les braves gens, ausculte leurs souvenirs, s’en délecte, pour réveiller les imaginaires, trouver des versions rares, surprenantes, cocasses, parfois se les approprier, d’autres fois les respecter de très près, pour ensuite les restituer à un large public par l’écriture, l’enregistrement, ou la scène.
En ce qui concerne la Palestine c’est à Bethléem, Beït Jala ou Ramallah, qu’elle a tendu l’oreille auprès de couturière ou de soixantenaires qui racontent les récits que leur contaient à eux-mêmes autrefois leurs grands-pères, leurs grand-mères.
Pour les Palestiniens, la mémoire est un enjeu majeur de leur avenir. Elle est la preuve d’une culture millénaire, dans un contexte politique où leur existence même est niée au quotidien. Certains rassemblent les noms de villages disparus et des recensements des populations, d’autres des pièces de monnaies anciennes, d’autres encore des titres de propriété, des tissus, des photos, des objets divers, comme preuves irréfutables d’un patrimoine qui se perpétue.
Tous se souviennent de contes entendus dans leur enfance. Même si les évènements tragiques qui sont leur quotidien occupent les échanges familiaux et sociaux, les contes de tradition orale ne sont jamais loin dans leur mémoire.
Il suffit de réveiller les imaginaires et les souvenirs, les contes jaillissent , parfois intacts, parfois aussi fragmentaires : une seul image persiste et permet de reconstituer le récit.Extrait de la préface du livre qui suit, par Praline Gay-Para.

Les sept crins magiques et autres contes de Palestine, chez Syros … dès six ans,
avec, entre autres, une version désopilante de “Le dromadaire et l’âne” qui vaut pour tous les âges !
“Le dromadaire et l’âne” peut se lire - avec, en bonus, des commentaires de Praline G-P sur scène- en déroulant un peu la page ici :
Conteuse, à la voix reconnaissable entre toutes, à la langue savoureuse autant que malicieuse, Praline Gay-Para est une femme pleinement d’aujourd’hui, qui sait communiquer à son auditoire une grande ouverture de coeur et d’esprit.
Le conte suivant, mettant en scène un homme attentionné que sa mère maudit perpétuellement,
n’en est pas moins un peu dérangeant,
mais ne manquez pas de lire à la suite les annotations qui resituent le contexte.
Pour la lecture du récit, déroulez la page du lien ci-dessous jusqu’à la sixième ligne sous l’illustration de gauche :
Conte 4 : Swês, swês … Tout doux, tout doux
Extrait de “Contes curieux des quatre coins du monde” aux Éditions Actes Sud-Babel
Et pour sourire après l’émotion (!),
et savourer le bel accent de Praline, allez écouter ce conte Yiddish, court, mais ô combien pertinent :
“Changer de noms”
(Quelques secondes d’attente sont nécessaires pour le chargement.)

Là, va se clore mon périple dans ce beau pays. Merci de m’y avoir suivie !
Commentaires
Bonjour,
J'ai eu l'occasion de l'entendre une fois. Un vaste répertoire que celui ci. Je vais aller découvrir ses histoires avec plaisirs. J'avais eu l'occasion d'entendre à deux reprises le spectacle de Catherine Gendrin (elle nous manque) sur un collectage en Algérie il me semble. C'était très fort.
@ bientôt.
Merci d'avoir partagé ton périple, Lily.
C'est horrible ce qu'il se passe pour les palestiniens,
c'est important de le rappeler.
merci pour ce lien, les contes : une manière de mieux appréhender d'autres univers
Bonjour Lily !!!
Merci beaucoup pour ce partage absolument nourrissant, instructif et non moins drôle ou émouvant. Je ne connaissais pas vraiment Praline G.P., en tout cas, mais je dois reconnaître que son action est admirable.
Les palestiniens, sans la mémoire, ne seraient même plus là puisqu'eux-mêmes ne croiraient plus en leur histoire, niée effectivement au quotidien, de fait.
Très bon dimanche, et merci encore.
FP
Praline, au prénom croquant, est une conteuse que j'ai rencontrée. Un vaste répertoire, très varié, une langue délicieuse et un accent chantant. D'ailleurs vous pouvez aller écouter sa voix sur Internet.