Haleine d'éternité
Par lilibellule le samedi 29 août 2015, 11:12 - Le ciel est par-dessus le toit - Lien permanent
J’aime les vaches, la “vache sans tache qui tache”, la vache qui rit, les vaches dans les gares, celles de Magritt, Mirò ou Picasso … J’aime aussi les vaches dans leur paturage, avec leur corps imposant sur lequel elles enfilent d’élégantes robes par dessus un soutif bien rose. Leurs cornes parfois en avant laisseraient croire qu’elles sont un tantinet belliqueuses, mais il n’en est rien. Il n’y a pas plus placide qu’une vache qui vous regarde de ses yeux à moitié recouverts par de longs cils clairs.
La vache est-elle éternelle ? C’est la question que je me posais cette semaine en lisant le poète* … Eternelle, oui, certainement, au sens où cette dame, qui porte cloche autour du cou, ne vit ni dans le passé, ni dans le futur. Pour elle, seuls l’instant broutant ou l’instant maternel existent. (Je passerai naturellement sous silence l’instant pétant, ou l’instant beuglant !) Eternelle, donc, même si elle n’affiche pas le sourire d’une Mona Lisa.
Cette éternité, réfugiée en partie dans les montagnes des Pyrénées, au-delà du regard, peut-être est-elle perceptible - pour les connaisseurs- à travers la puissance et la chaleur de l’haleine de l’animal. Ah, la laine des vaches !!! Mais il faut oser l’approche …
Montbéliarde, certainement, dans les Pyrénées
Pour ma part, je choisis l’approche poétique et la suivante me réjouit tout particulièrement.
Le choix des mots, la puissance des images, leur cocasserie et leur mystère …
Tout pour me plaire !
Éternelle
une vache
vous regarde
en broyant
L’épaisseur
de l’instant
maternel
sous les mouches
*Ludovic Janvier
Printemps des poètes
Pour goûter d’autres poèmes sur la vache, son univers et ses splendeurs,
vous pouvez lire Dominique Cagnard en vous rendant ici :
http://www.encres-vagabondes.com/magazine/cagnard.htm
(ouvrir le lien)
Commentaires
J'ai beaucoup de tendresse pour le sonnet de Jacques Roubaud :
LA VACHE
(description)
La
Vache
Est
Un
Animal
Qui
A
Environ
Quatre
Pattes
Qui
Descendent
Jusqu'
À terre.
Je n'avais pas croisé les vers de Ludovic Janvier depuis longtemps. Plaisir de le retrouver. C'est bien de parler de vache sans les traiter de folle pour autant.
Oui, j'aime les vaches, et dans mon enfance j'étais "vacher"... ces bêtes sont très intelligentes... notre troupeau était de "Brunes des Alpes"...
J'aime ces bêtes larges, abondantes, aux belles cornes dressées, j'aime les clarines qui accompagnent leurs pas.
Et je suis triste de voir leurs têtes actuelles, bien trop souvent privées de leurs cornes.
ça meuh fait mal, ça meuh désole, cette mode des temps modernes. Meuh, meeuh, meuuh !
J'aime les gentilles vaches, elles rendent joyeux mais curieusement je n'aime pas la vache qui rit, va comprendre !!! Bises. brigitte
Ah la vache il a foutu le camp : Raymond Queneau
La vache : un symbole de paix. qui n'a pas vu toute l'affection qu'il y a dans les yeux d'une vache ?
Merci pour tous ces poèmes sur les vaches..je ne pensais pas qu'elles avaient inspiré les poètes...Bonne soiré !
Ah la vache !
Un animal qui respire la zenitude... mais sous leurs airs gentillets certaines sont belliqueuses et n'hésitent pas à encorner sous tous les prétextes... Si, si j'en connais et une amie en a fait les frais. Elle s'est retrouvée avec une bonne vingtaine de points... Alors placide ? Pas toujours 
Merci, j'adore les vaches qui me semblent être des animaux si généreux, affectueux, attachants.
Avec les poèmes, là, tu me gâtes avec l'expression écrite qui m'est si chère Lily.
J'ai cherché un poème de Neruda sur les vaches; il a écrit tant et tant sur le quotidien, mais rien, désolée!
Bonne journée à toi.