Lendemain de fête
Par lilibellule le jeudi 13 novembre 2014, 06:00 - Entre terre, ciel et eau - Lien permanent
En cette mi-novembre douce avec parfois un rayon de soleil qui s’invite à la fenêtre,
je vous propose encore deux poéSites virtuelles dans les Jardins d’expression de cet été en Anjou.*
Tiens, voilà que j’invente un mot nouveau : PoéSite !
- Il me plaît et me dit que vous l’avez compris -
Maintenant passons au lourd de ce billet, ce magnifique navire en partance
Lendemain de fête
Par sa composition bien structurée
en forme de navire, de goélette,
ses accessoires de salon en désordre maitrisé
et son fleurissement d’excellente tenue tout l’été,
ce jardin-là m’a enthousiasmée.
Avec ses huit mâts dressés
et ses accessoires balancés-renversés
j’ai aimé le photographier
Bien sûr il y a la bouteille et du rififi sur le pont,
Les Jean, les Jeanne, de partout et d’autant
Boivent sous vent plus que de raison
“Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps
qui brise les épaules et nous penche vers la terre”**
C’est vers Andrée Chedid que, cette fois, je me suis tournée
pour des bribes de poèmes
sur la tristesse, le désenchantement,
les ombres qui guettent, la soif de se relever,
et le désir de caresser
quelques nouveaux horizons secrets.
Je vous invite à les lire en entier sur le site indiqué.
Il s’agit de trois Métamorphoses assez brèves
et d’un poème pas plus long
que la distance de mon nez à mon menton.
Il est toujours temps de dépister l’éclair
De t’arracher aux paroles stagnantes
D’abreuver le coeur drainé par trop de soifs
(…)
MÉTAMORPHOSES I
Où est l’homme
(…)
Sur sa toile impénétrable
Les fils se sont usés
Quelle main peut le saisir encore
L’homme décline puis se recrée
…
Il s’extrait du chaos
Il retisse des jardins
Pour goûter à l’avenir
A sa flore fugitive
A ses grappes éphémères
…
… demain s’anima d’autres secrets
Et l’homme s’élança vers l’espace nu.
Final de “Après le jardin”
Andrée Chedid
A propos de lendemains qui chantent ou qui déchantent,
Un dernier mot me vient, trouvé dans une lettre d’amour :
“On devrait toujours se voir comme des gens qui vont mourir le lendemain.
C’est ce temps qu’on croit avoir devant soi qui vous tue.”
Elsa Triolet
dans Luna-Park (1959)
Editions Gallimard
* Organisés par Angers-Loire-Métropole et conçus par les étudiants horticoles d’Angers.
** Baudelaire : Enivrez-vous (Petits poèmes en prose)
Commentaires
Bonjour Lily,
Surprenantes ces photos d'après chaos. Le vent est une force que l'on a tendance à oublier parfois. Le désordre apporté est poétique. Les citations très bien venues.
Bonne journée.
les jardins renvoient au jardin d'Eden, inaccessible, ils nous laissent dans notre état : fragiles et conscient d'être.
Quelle force vive dans la poésie d'Andrée Chédid !
"Il est toujours temps...", je crois profondément en ces mots, l'important est, il me semble, la métamorphose qui se métamorphose à nouveau... Bises. brigitte
Les fleurs reprennent la main sur le chaos.
(Tu nous écris là, des billets de belle facture.)
Un savant mélange de poésie et d'humain désordre dans ce jardin-là^^
Ce savant désordre plein de chaos est brillamment orchestré ...de plus les mots de cette grande dame me touchent toujours au coeur ...!!
Finalement tout va si bien ensemble ...:-)
Bises Lily
Très beaux les poèmes de Andrée Chédid