Par sa composition bien structurée
en forme de navire, de goélette,
ses accessoires de salon en désordre maitrisé
et son fleurissement d’excellente tenue tout l’été,
ce jardin-là m’a enthousiasmée.

Avec ses huit mâts dressés 
et ses accessoires balancés-renversés
j’ai aimé le photographier

Bien sûr il y a la bouteille et du rififi sur le pont,
Les Jean, les Jeanne, de partout et d’autant
Boivent sous vent plus que de raison
“Pour ne pas sentir l’horrible fardeau du temps
qui brise les épaules et nous penche vers la terre”**

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C’est vers Andrée Chedid que, cette fois, je me suis tournée
pour des bribes de poèmes 
sur la tristesse, le désenchantement,
les ombres qui guettent, la soif de se relever,
et le désir de caresser
quelques nouveaux horizons secrets.

 

Je vous invite à les lire en entier sur le site indiqué.
Il s’agit de trois Métamorphoses assez brèves
et d’un poème pas plus long
que la distance de mon nez à mon menton.

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Il est toujours temps de dépister l’éclair
De t’arracher aux paroles stagnantes
D’abreuver le coeur drainé par trop de soifs

(…)
MÉTAMORPHOSES I

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Où est l’homme
(…)

Sur sa toile impénétrable
Les fils se sont usés
Quelle main peut le saisir encore


MÉTAMORPHOSES II

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L’homme décline puis se recrée

Il s’extrait du chaos
Il retisse des jardins
Pour goûter à l’avenir
A sa flore fugitive
A ses grappes éphémères
 …

MÉTAMORPHOSES III

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  … demain s’anima d’autres secrets
Et l’homme s’élança vers l’espace nu.

Final de “Après le jardin”
Andrée Chedid

A propos de lendemains qui chantent ou qui déchantent,
Un dernier mot me vient, trouvé dans une lettre d’amour :

“On devrait toujours se voir comme des gens qui vont mourir le lendemain.
C’est ce temps qu’on croit avoir devant soi qui vous tue.


Elsa Triolet
dans Luna-Park (1959)
Editions Gallimard
 

* Organisés par Angers-Loire-Métropole et conçus par les étudiants horticoles d’Angers.
** Baudelaire : Enivrez-vous (Petits poèmes en prose)