L’éternité ouvre ses portes de loin aux passants de la nuit
Les loups des landes aboient à une lune apeurée
Et un père dit à son fils
Sois fort comme ton grand-père
Grimpe à mes côtés la dernière colline des chênes
Et souviens-toi. Ici le janissaire est tombé de sa mule de guerre
Tiens bon avec moi et nous reviendrons chez nous

Mahmoud Darvich (1942-2008)
Extrait de “L’éternité du figuier de barbarie”
dans “Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?”

Actes Sud, 1996
 traduit par Elias Sanbar

Lire l’intégralité du poème ICI

Et voici une autre version :

- Pourquoi as-tu laissé le cheval à sa solitude ?
- Pour qu’il tienne compagnie à la maison, mon enfant,
Car en l’absence des leurs
Meurent les maisons
De loin
L’éternité ouvre ses portes
A la voiture nocturne
Et les chacals des contrées sauvages
Glapissent
A la face d’une lune apeurée
« Sois solide comme ton grand-père,
Dit un père à son fils,
Et grimpe avec moi
La dernière côte des chênes
Souviens-toi, mon enfant
C’est ici que le Janissaire
Est tombé de sa mule
Alors résiste avec moi
Pour le retour

Traduit par A. Amri

Pour moi les deux traductions ont de la valeur et elles s’éclairent l’une l’autre.

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Vue sur Emmaüs-Nicopolis en Palestine