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Le Poilu en tenue de permission, hautain, distant …
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et son casque posé sur branches de laurier de chêne et d’olivier

Monuments aux morts de Luchon (1921) - Bronze de Jean-Marie Mengue, artiste Luchonais (1855-1939)

Cet ensemble sculpté me touche en raison des sentiments contradictoires que nous pouvons y déchiffrer.
La femme, tout à sa gratitude face au retour de son homme, demeure cependant dans une profonde gravité.
Elle ne peut ne pas songer à l’horreur de ce qui s’est déroulé durant tant d’années
et aux visages de tous ceux qui n’en sont pas revenus.
Ses mains semblent exprimer l’amour dans toute sa complexité : Force et vulnérabilité.
Désir, fol espoir et lourd chagrin.
L’homme, lui, a déposé ses attributs guerriers. Il est en tenue de permission, mais reste sur son piédestale.
Le retour à la vie ordinaire est de l’ordre de l’épreuve.
Les soldats, à la fin des conflits, connaissent souvent des dépressions que les autorités rechignent à reconnaître.
Est-il possible de raconter à ceux qu’ils vont retrouver ? Sinon, est-il possible d’oublier ces “grands ruisseaux de sang”?


Chanson dans le sang

la terre qui tourne avec ses arbres… ses vivants… ses maisons…
la terre qui tourne avec les mariages…
les enterrements…
les coquillages…
les régiments…
la terre qui tourne et qui tourne et qui tourne
avec ses grands ruisseaux de sang.

Jacques Prévert

Paroles (1946)

Sur les terres de Haute-Garonne, deux monuments clairement pacifistes :

Sur une plaque à Cazarilh-Laspènes est gravé l’expression « Maudite soit la guerre ».

Et à Toulouse, au-dessus du monument situé sur le mur de l’école J. Chaubet, avenue de Castres, le passant peut lire :

“Arrête-toi et pense au seuil de cette pierre
Aux deuils accumulés, aux horreurs de la guerre”.