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“Il n’y a pas de vent contraire pour celui qui sait où il va”

Sur l’instant, j’ai trouvé cet aphorisme plein de force et d’énergie. Wahou, quelle détermination gonfle ces mots !

Nous pouvons y déceler un orgueil dominateur, presque insupportable,
ou alors comprendre - à la suite de l’auteur- l’importance primordiale de travailler à la connaissance de soi,
qui semblerait doter les personnes l’ayant bien solidement acquise
de toutes les aides propices à déjouer les vents contraires.

C’est tentant mais, à mon avis, avec les crises que nous traversons, de moins en moins réaliste.

(Quoique autrefois, les guerres, les disettes, les épidémies, les intempéries …)

Alors, aimant creuser, j’ai cherché la phrase de Sénèque, une traduction parmi d’autres :
“Il n’y a de vent favorable que pour celui qui sait où il va.”

Rôoh, n’abrite-t-elle pas une idée beaucoup plus large et intéressante ?!
Qu’en pensez-vous ?

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Une petite balade sur le Net m’a fait découvrir ou re-découvrir :

1—> ventscontraires.net le site et la revue du Théâtre du rond-point
Une revue collaborative pour dire qu’il y a d’autres endroits, d’autres chemins
où les vents poussent à l’envers de tout ce qui nous accable.”

Jean-Michel Ribes

2—> Le chant X de l’Odyssée :
Juste après leur séjour dans l’antre du Cyclope, à l’aube, Ulysse et ceux qui demeuraient encore à ses côtés,
se mirent à la rame, pleurant leurs compagnons perdus, mais heureux d’être encore en vie.
Ils s’arrêtèrent ensuite dans l’île d’Éolie.
Sur ce site la suite,
assez cocasse, enrageante pour Ulysse, mais bien significative des comportements humains.
[Vous pouvez tourner la page 69 en cliquant en bas à droite,
et éventuellement, voir plus : http://mythologica.fr/grec/eole.htm#sthash.jL4b08ga.dpuf ]


Et 3—> Une jolie plume venue du Québec :

Lettres fantômes

Sans savoir par quel mot
La terre tourne ton ombre me revient

Vents contraires lettres fantômes
Nous dormons à la même nuit
Le sommeil aussi profond que la blessure

Tes pieds oubliés dans mes pieds
Ne sont capables d’aucun chemin

La somme des vents contraires, Edition les herbes rouges 2006

Mario Brassard

Mot de l’éditeur : “Confronté aux vents contraires - ceux qui empêchent de suivre la route prévue -, il arrive que le langage, aussi bien que la vie elle-même, soit mis en déroute. Car tout voyage dans la langue est « un rêve qui commence de dos », au creux d”un « sommeil aussi profond que la blessure ». Y a-t-il un retour possible à cette sorte de périple? Une dérive de laquelle on peut espérer autre chose que la noyade? Avons-nous assez de notre corps pour tout dire? Voilà autant de questions qui, à l”image de cette femme disparaissant peu à peu, traversent le livre. Avec La somme des vents contraires, Mario Brassard poursuit son étonnante expérience d”écriture.”

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“Vent de folie, Lorsqu’il s’engouffre dans nos vies, Il y fait entrer un brin de fantaisie, Mais nous pousse vers l’avenir aussi.”
Stéphane Bardy

Chaises, réveillez-vous !
Bientôt le vent de novembre
Qui porte et emporte

*”Qui sème le vent récolte la folie” : Jardins d’expression en Anjou, été 2014