Ce qui n'est plus
Par lilibellule le lundi 27 octobre 2014, 16:30 - Le ciel est par-dessus le toit - Lien permanent
Je pourrais passer des heures devant ce petit pont - devant ce tableau- à contempler les mulards, la peau d’abricot des feuilles douces à la joue et tous ces écureuils d’or dans les arbres. Mais le vent, encore lui, le vent, va bientôt souffler sur les jours anciens, emporter les souvenirs que nous lui abandonnerons.
Edward_Lamson_Henry (Peintre américain,1841-1919) Aller en ville
Charles Juliet, l’homme de “Lambeaux”, du “Chagrin fou de l’enfance” et de multiples Journaux, s’est tenu un instant près du pont, près de la carriole et a murmuré à l’oreille du cheval (le couple à l’ombrelle ne voulait pas l’entendre et les canards barbotaient en cancanant bruyamment !) :
…
trop de mauvais souvenirs
encombrent ta mémoire
te reconduisent aux jours anciens
te maintiennent prisonnier
de ce qui n’est plus
nausée
du ressassement
de l’ennui
de la torpeur
des heures grises
…
trop de mauvais souvenirs
encombrent ta mémoire
te reconduisent aux jours anciens
te maintiennent prisonnier
de ce qui n’est plus
nausée
du ressassement
de l’ennui
de la torpeur
des heures grises
sache une bonne fois
leur dire non
et reviens à la vie sors
va marcher sur les collines
et laisse le vent
te traverser la tête
laisse le vent
emporter tes feuilles mortes
Charles Juliet
“Retour de l’automne”
leur dire non
et reviens à la vie sors
va marcher sur les collines
et laisse le vent
te traverser la tête
laisse le vent
emporter tes feuilles mortes
Charles Juliet
“Retour de l’automne”
Poème publié dans l’anthologie Une salve d’avenir. L’espoir, anthologie poétique, parue chez Gallimard en Mars 2004 Edition Printemps des poètes 2004
Commentaires
Un bel artiste que tu nous fait découvrir. Sa peinture colle bien avec la poésie de Juliet. Belle rencontre. Merci pour le partage. Belle soirée à toi.
La poésie de Juliet et ce joli tableau nous content bien joliment " le printemps de l' automne ...:-)
Ce temps plein de charme, celui où le temps se déroulait au pas du cheval et où on parlait encore tous les jours avec les canards... ne reviendra plus, c'est certain.
A nous de le faire vivre en nous - merci Lily pour ce moyen élégant de ralentir notre quotidien.
quelques fois il suffit de peu ou de beaucoup pour regarder différemment : un sourire de femme ?
Charles Juliet compte beaucoup pour moi. Je le relis souvent.
Bonne journée.
Splendide, et quel merveilleux conseil ! Sentir une saison couler dans nos veines est un plaisir doux et subtil qui régénère... Bises. brigitte
Marrant car dans le billet précédent je faisais allusion à lui ! J'aime beaucoup et ses mots me parlent et m'émeuvent ! Merci Lily ! Ce tableau s'accorde bien avec le poème. Il respire la tranquillité et la chaleur douce mais aussi la nostalgie. Jaune et bleue des couleurs que j'affectionne beaucoup...