Bien sûr, pour moi, les humbles, s’ils représentent pour une part les travailleurs manuels, les personnes à petits revenus, celles qui sont dépendantes ou en attente d’une situation plus valorisante, ce sont aussi tous ceux qui vivent à leur juste place, au quotidien, selon leurs talents, leurs capacités, leurs inclinaisons … Tous ceux qui cherchent, qui doutent, qui créent, mais ne crient pas sur les toits … Tous ceux qui aiment ce qu’ils font et défont seuls ou avec d’autres et qui espèrent un monde meilleur

À l’usage des humbles (extraits)

À l’usage des humbles, de ceux qui s’aiment, j’écris que la terre est dure, que tout passe, hormis l’amour.
[…]
J’écris à longue haleine parce qu’au bout du souffle il y a le rire à délivrer.
J’écris le monde qui sera.
Ce n’est pas en un jour qu’il viendra, mais après un long respect, une longue connaissance.
J’écris pour assumer le bonheur.

[…]
M’entendez-vous ? La mer est à ma porte et je ne la retiens que par un tout petit peu d’imagination.
[…]
Avec les armes du plaisir, avec les larmes du désir.
J’écris le bonheur sur la table.

Jean Malrieu

Extraits In « Les Maisons de feuillage »

Je lis, je relis ce poème, (en totalité, ici); il me fascine par sa fluidité et tout ce que j’ai exprimé plus haut. Doucement, je découvre … qu’il me parle au fond de moi, La Libellule, qui va bientôt quitter son toit !

->Oui, au bout du souffle, il y a le rire à délivrer ! Ah, ah, ah !

->Moi aussi, j’ai besoin d’écrire le bonheur sur … Le toit, encore un peu ?… Euh, le clavier ?…

- La table, il a dit Jean, le poête, la table !

- Oui, la table … Celle où l’on mange, trois fois par jour, celle où l’on reçoit des invités, où l’on tient conversation, celle que l’on décore, celle que l’on aime et qui nous le rend bien !

Vous avez tiré les rois

Avec le p’tit dernier sous la table ?

Moi, j’vous retrouve trois fois sur le toit

Le quinze du mois

Pis, j’m’en vais tailler mon bois !