Un jeu de douze
Par lilibellule le jeudi 4 décembre 2014, 09:01 - La libellulerie - Lien permanent
Douze mois :
Janvier-Février-Mars-avril-mai-juin-Juillet-août-septembre-octobre-Novembre-Décembre*
En cette fin d’année, un petit jeu tout simple pour donner la parole à
ceux qui passent “sur ce toit”
et faire circuler des titres de bouquins
bien sympas.
Des romans - de préférence- que nous avons aimés et qui
traitent de sujets de société de façon enlevée,
émouvante et/ou drôle.
De façon passionnante. Étonnante, peut-être.
Alors voilà la consigne : Vous prenez le livre (un livre) qui vous a plu durant ces douze derniers mois, vous l’ouvrez à une page dont le chiffre contient 12. ( Cela peut-être 72, 92, 112, 192 …). Vous lisez les trois premières phrases à partir de la première majuscule. Et vous les recopiez en commentaire, en indiquant à suivre le titre, le nom de l’auteur et de l’éditeur. Vous pouvez, libre à vous, ajouter une petite appréciation brève.
Première participation, avec une aventure “rocambolesque et hilarante” lue dans les trains qui m’ont conduite chez Fils-aîné, en Angleterre, en juillet dernier.
“Il avait la moitié gauche du visage toute gelée, un peu comme s’il s’était pris un coup de glacière dans la tête, ce qui était un peu le cas, ou un coup de fer à repasser que l’on a oublié un peu trop longtemps dans une chambre froide, ce qui est en soi, je le reconnais, une bien étrange comparaison.
Horreur et damnation ! pensa-t-il soudain, car s’il avait réussi à fuir l’autre malade et ses tigresses, le pire restait peut-être encore à venir.
Il se trouvait en effet dans la zone sécurisée, et donc interdite, d’un grand aéroport européen, ce qui n’était pas le meilleur moyen de tenir sa promesse de rentrer dans le droit chemin.”
“L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa” Romain Puértolas, Edition Le Dilettante. (P.112)
Un livre un peu déjanté, mais passionnant qui nous fait vivre sans misérabilisme le combat des clandestins ballottés tous azimuts dans de bien drôles de draps.
À vous ! Et d’avance, merci pour votre participation qui permet de connaître de nouveaux horizons littéraires, de nouveaux goûts pour appréhender et traverser l’hiver.
* En terminant mon billet, je m’aperçois qu’involontairement j’ai choisi la même police de caractère que l’éditeur sur la couverture ! Si ce n’est pas de la belle imprégnation !
Commentaires
comment va ton calme plat
dont l'apparence étale
peut cacher des tempêtes
comment va ton ressac
ils posent cette question
car il s'agit du ressac ordinaire
un peu brillant un peu crissant
qui dans son mouvement régulier
charrie bien plus de choses
Poèmes à dire / Un certain regard / Bernard Noël / Anthologie de poésie contemporaine p 112
"Dans la catégorie affaires de bonnes femmes, il rangeait aussi l'art, la littérature et la religion ... Ce qu'il détestait le plus, c'était tous les maux qui touchaient au corps féminin. Il ne fallait absolument pas les évoquer quand il était présent."
Le mec de la tombe d'à côté, Katarina Mazetti, Éditions Babel. P 112
"Le soir, j'allume une clope, accoudé à la fenêtre de la cuisine, pendant que les petits brossent leurs dents. Lili me dit : "Faut vraiment que tu arrêtes de fumer, maintenant. Les enfants ont besoin de lait."
Le poids du monde - Marlène Tissot - Éditions Lunatique - P12
Sympa et amusant, mais là, je suis dans mon atelier, au milieu de cartons et de tissus, travaillant et écoutant un disque de Phil Glass, pas de livre sous la main... Je vais essayer de revenir apporter ma petite contribution... Bises, à bientôt. brigitte
"Anna resta assise, l'oeil écarquillé et le coeur qui battait la chamade. Ils étaient comme deux bombes à retardement, qui s'apprêtaient à faire sauter la baraque. Et les pâtes étaient déjà froides dans les assiettes." D'acier, Silvia Avallone - J'ai lu - p 92
Par malchance, la paix venait de s'instaurer, ils voulaient en finir définitivement avec l'histoire des morts, alors ça a été le drame. Le même jour, le matin puis le soir, on a reçu l'avis de décès de mes deux frères. Maman s'est effondrée, elle a perdu connaissance. - Le chagrin de la guerre de Bao Ninh - traduit du Vietnamien - page 72 - édit Picquier Poche.
Là ou se rejoigne toutes les guerres, un texte fort d'amour et de désespoir.
Si on vous ordonne de casser la patte d’un crabe ou d’un homard, pincez-la dans la porte de la salle manger : de cette façon, vous pouvez aller graduellement sans écraser la chair, ce qui arrive surtout avec la clef de la porte de la rue, ou le piton.
Quand vous enlevez une assiette sale à un de convives, et que vous voyez que le couteau et la fourchette sales sont sur l’assiette, montrez votre dextérité : enlevez l’assiette, et rejetez le couteau et la fourchette sur la table, sans faire tomber les os ou les restes de viande qu’on y a laissés ; alors le convive, qui a plus de temps que vous, essuiera la fourchette et le couteau qui ont déjà servi.
Quand vous portez à boire à une personne qui l’a demandé, ne lui tapez pas sur l’épaule, et ne lui criez pas : Monsieur, ou Madame, voici le verre ! cela serait de mauvaise compagnie, on croirait que vous voulez entonner de force votre boisson dans le gosier ; maintenez-vous à l’épaule gauche de la personne, et attendez son loisir ; et si elle la renverse du coude par oubli, c’est sa faute, et non la vôtre.
Jonathan SWIFT, Instructions aux domestiques in Résolutions pour l’époque où je deviendrai vieux et autres opuscules humoristiques, Flammarion, 2014, page 72