Si j'écris encore
Par lilibellule le samedi 2 juillet 2016, 08:36 - Funambule sur le toit - Lien permanent

Callistemon “Rince-bouteille” Jardin d’expression 2016
“Je pense quelquefois que si j’écris encore, c’est, ou ce devrait être avant tout pour rassembler les fragments, plus ou moins lumineux et probants, d’une joie dont on serait tenté de croire qu’elle a explosé un jour, il y a longtemps, comme une étoile intérieure, et répandu sa poussière en nous. Qu’un peu de cette poussière s’allume dans un regard, c’est sans doute ce qui nous trouble, nous enchante ou nous égare le plus : mais c’est, tout bien réfléchi moins étrange que de surprendre son éclat, ou le reflet de cet état fragmenté, dans la nature. Du moins ces reflets auront-ils été pour moi l’origine de bien des rêveries, pas toujours absolument infertiles”.
Ces poussières d’étoiles qui vous font éternuer ?
Des fragments qui vous ont entaillés profond ?
Le monde qui ne vous fait plus rêver
et que vous souhaiteriez
à votre façon réenchanter ?
Commentaires
Superbe texte de Jaccottet, qui n'en finit pas de m'inspirer.
J'écris parce que je ne peux pas faire autrement. Je n'ai pas réfléchi plus loin.
Bon dimanche.
Pour tenter de comprendre ce qu'on fiche ici tout en sachant très bien qu'on ne trouvera pas de réponse à cette question qui n'en n'est pas une vu que de toute manière on est là ici et maintenant et le temps de le dire, l'instant présent est déjà passé, pas la peine de chercher à le rattraper alors comme dirait l'autre, advienne que pourrave, non ?
L'écriture comme des poussières de joie intérieure, magnifique ce texte!
Merci Lily, un beso.
il est des raisons et d'autres qui varient avec les lustres et les saisons, et même à chercher la raison du pourquoi
Je n'écris pas, je réécris ; comme si j'avais besoin de m'approprier les mots par un acte iconoclaste, et cet acte d’appropriation se fait en plusieurs écritures successives jusqu'au moment de les dire les mots se réorganisent.
C'est un plaisir tardif, un plaisir besogneux mais nécessaire comme pour dompter le récit - lui permettre d'entrer en moi avec lenteur.
Tiens, hier j'ai emprunté "A la lumière d'hiver" à la médiathèque
Jaccottet me touche toujours infiniment, comme dans ce texte choisi par toi, Lily.
S'il m'arrive d'écrire, c'est pour rejoindre un espace de lenteur en marge du temps, où je puisse saisir ou essayer de saisir les choses et les comprendre, même si comme dit Tmor...
Témoigner de la lumière et de la beauté du monde quand tant de gens s'emploient à en relever l'obscurité... Je crois très fort au pouvoir créateur des mots !
Magnifique observation de Philippe Jaccottet, merci Lily, belle journée à toi. brigitte
Bonjour Lily...
Je crois que j'écris pour ne pas que l'encre des mots, des rêves, des idées, des maux, des bonheurs, toujours abondante et produite sans fin, comme la salive, tant qu'il a de la vie, de l'espoir, de l'envie, ne finissent par noyer mon cœur et mon âme, qu'il faut les en libérer. Puis, j'ai envie de partager, d'entrer en communication avec l'autre, sinon, je n'aurais pas ouvert un blog.
Merci pour la réflexion suscitée, très belle journée.
FP
J'écris parcequ'il faut que j'ouvre le silence de mes mots, parfois pour la rencontre d'un tout petit bonheur croisé sur le côté, souvent pour partager et ne pas oublier le long chemin parcouru depuis l'enfance. Ainsi vont les jours,les nuits, la lumière et le sombre....
Merci Lily pour ce moment partagé