Valse de saison
La valse des feuilles colorées a démarré.
T.Voekler :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Changement_de_couleur_des_feuilles#/media/Fichier:Silver_maple_5058.jpg
D'un côté, voir les feuilles qui gagnent en légèreté, beauté, liberté. D'un autre, contempler l'arbre qui se laisse dénuder, sans rien perdre de sa nature profonde et de sa grandeur.. Mais ne pas oublier une troisième dimension, celle du sol accueillant un tapis coloré, doux ou craquant, souvent touchant lorsque nous le regardons vraiment.
Peut-être même, existe-t-il une quatrième et une cinquième dimension ?! A chacun(e) de creuser...
Moi, je pense que chaque jour, nous perdons et nous gagnons. Des cheveux, des amis, de la souplesse ou de la mémoire, tombent ou s'envolent. Et, au fin-fond de nous, se dépose un tapis de bienveillance, de douceur, de patience. Et parfois même d'humilité, puisque l'humus est de saison.
tout le jour
le tilleul a perdu
ses larges feuilles
des taches de lumière
jaune pale
planant
dans l’air immobile
au soir
le noir des branches
nues
le tapis jaune vif
sur le vert du pré
Eclats Opulence de la nuit, de Charles Juliet Ed P.O.L 2006

Mon tilleul à Malescot, Carlo Bazzi (1901)- Domaine public
Commentaires
Quatrième et cinquième dimension (!) comme tu dis, oui bien sûr. C'est la confiance dans le cycle des saisons. Et puis le renouvellement de ces feuilles et la joie qui va avec. Un rapport avec notre vie, c'est évident !
Les arbres en révérence, le rideau va tomber, la fête est finie. Le vent a chanté ses dernières gouttes d’or,ainsi passent les saisons monette
les feuilles se font tapis puis nourriture / s'inscrire dans le vaste destin / les couleurs en signature
la ronde des saisons a un coup dans l'aile avec le dérèglement climatique, mais quand même, les signes de l'automne sont bien là.. J'aime beau coup la fin de ton article; la bienveillance, .. et pourtant dans ce monde où le chaos domine, on s'en éloigne chaque jour un peu plus.
@ Maria : Confiance, renouvellement, joie, constituent notre être profond et le nourrissent en même temps. Mais nous n'en sommes pas toujours conscients, aussi il est nécessaire de se replonger dans la nature.
@ Monette : Chaque saison peut-être une fête à sa façon. Il est bon d'en avoir quatre pour varier les plaisirs.
@ thé âche : Merci pour ce beau commentaire qui ouvre à plus profond et plus large. Et pour l'image poétique finale.
Belle comparaison avec notre être intérieur !
Les feuilles nous offrent un spectacle aux mille couleurs avant de tomber!
beaucoup de par le monde oublient de regarder le tilleul et n'ont plus de bienveillance...
@ Sedna : Oui, le présent est sombre... La meilleure façon de contrer cet enfoncement dans les excès en tout genre, c'est certainement d'être attentif à la vie, aux échanges, aux petites choses en apparence qui se révèlent souvent grandes, parce qu'elles sont liées à des élans du coeur.
@ daniel : Oui, tout est lié, relié, les humains, la nature. Quant au spectacle des feuilles, il est toujours nouveau.
@ broutileb : L'attention à la nature et aux autres est liée. Si on oublie un élément, les autres en pâtissent. Mais il y a encore ceux/celles qui savent résister à l'indifférence.
Charles Juliet est un grand poète trop méconnu. Tu as su tirer partie de son poème pour ta réflexion automnale. Moi, je perds mes dents, est-ce qu'elles vont former un tapis, ou est-ce que je dois dire "tant pis"?!
@ Coline : J'ai lu ses souvenirs d'enfance "Lambeaux", de nombreux extraits de ses Journaux et de ses recueils poétiques. Il me touche véritablement. Justesse, profondeur, humilité...
Pour tes dents... je compatis, et pense que le tapis viendra d'une autre façon.