Pourtant, plus je regarde cette nymphe plus elle me fascine ! Avec ses bras solides bien arrimés aux rochers et son buste incliné vers l’arrière, elle a opté pour la position de la chaise longue. La meilleure, à mon avis, pour se laisser (délicieusement) envelopper par l’air et la lumière tout en pouvant à loisir apprécier le vol des oiseaux marins, les ondulations de l’océan et parfois le passage d’un voilier ou d’un navire.

Le sculpteur, selon moi, a peut-être certainement voulu signifier que dans notre monde hyper rationnel, il est bon, voire indispensable, de laisser parfois le cerveau se mettre en veille, de laisser la lumière faire son travail sur notre peau et jusqu’au plus intime de nous-même. “Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière.” écrivait Jean Giono dans un de ses romans. ( Ennemonde et autres caractères)

J’aime à entendre les vers de Luis Mizon, ci-dessous, prononcés tour à tour par la Baigneuse … et par celui (celle) qui passe :

Caresse-moi de tes doigts
Toi qui récoltes les algues
Approche tes mains
Je veux respirer ton rêve
Luis Mizon

Poèmes d’eau et de lumière

P1060657.JPG
 

« Viens comme l’eau la plus profonde
viens quand nul ne le sait
de ton sang d’ombre
lave les épines de lumière
qui me traversent
et le trop d’étincelles
qui me blesse les yeux »

Idem - Extraits sur Babelio

P1060664X1.jpg
 

“je les apportais tous les jardins comestibles que je trouvais dans la mer
ils se nourrissaient des papillons d’ombre
des papillons de murmures
de griottes chuchotées transformées en larmes”

Idem dans “Fenêtre”

Edition Printemps des Poètes

P1060668X1.jpg
 

“le ciel d’en face cache
une foule de convives heureux
des invisibles calligrammes de la lumière
brillent dans les pupilles martelées de la mer”

Idem dans “Fenêtre”

Edition Printemps des Poètes