D'eau et de lumière
Par lilibellule le vendredi 15 janvier 2016, 21:11 - Le ciel est par-dessus le toit - Lien permanent
A St Jean de Monts, sur l’avenue conduisant à la mer, anciennement nommée “l’allée de sapins”, une sculpture d’Henry Murail attire le regard. Face à la plage, dans cette station balnéaire qui a vu le jour en même temps que le siècle dernier, la Baigneuse symbolise l’élément liquide et ses bienfaits.
Ce nu féminin, au bassin et aux membres inférieurs imposants, étonne au premier abord. Une disproportion entre le corps et la tête … qui a bien fait jaser depuis son inauguration en décembre 1999 !

“La baigneuse” de St Jean de Monts - Henry Murail
Pourtant, plus je regarde cette nymphe plus elle me fascine ! Avec ses bras solides bien arrimés aux rochers et son buste incliné vers l’arrière, elle a opté pour la position de la chaise longue. La meilleure, à mon avis, pour se laisser (délicieusement) envelopper par l’air et la lumière tout en pouvant à loisir apprécier le vol des oiseaux marins, les ondulations de l’océan et parfois le passage d’un voilier ou d’un navire.
Le sculpteur, selon moi, a peut-être certainement voulu signifier que dans notre monde hyper rationnel, il est bon, voire indispensable, de laisser parfois le cerveau se mettre en veille, de laisser la lumière faire son travail sur notre peau et jusqu’au plus intime de nous-même. “Quand les mystères sont très malins, ils se cachent dans la lumière.” écrivait Jean Giono dans un de ses romans. ( Ennemonde et autres caractères)
J’aime à entendre les vers de Luis Mizon, ci-dessous, prononcés tour à tour par la Baigneuse … et par celui (celle) qui passe :
Caresse-moi de tes doigts
Toi qui récoltes les algues
Approche tes mains
Je veux respirer ton rêve
Luis Mizon
Poèmes d’eau et de lumière
« Viens comme l’eau la plus profonde
viens quand nul ne le sait
de ton sang d’ombre
lave les épines de lumière
qui me traversent
et le trop d’étincelles
qui me blesse les yeux »
Idem - Extraits sur Babelio

“je les apportais tous les jardins comestibles que je trouvais dans la mer
ils se nourrissaient des papillons d’ombre
des papillons de murmures
de griottes chuchotées transformées en larmes”
Idem dans “Fenêtre”
Edition Printemps des Poètes

“le ciel d’en face cache
une foule de convives heureux
des invisibles calligrammes de la lumière
brillent dans les pupilles martelées de la mer”
Idem dans “Fenêtre”
Edition Printemps des Poètes
Commentaires
D'un temps comme ça j'aimerai aller l'habiller elle va prendre froid....
Quel bonheur de recevoir un jour de Mistral, une lettre de ta part, gorgée de soleil ! Je te remercie vivement de ce précieux courrier ! Maintenant je savoure ton article en admirant cette statue étonnante et fascinante. La pose est très belle et les proportions agréables à l’œil.
Quand la lumiere nait avec le petit jour
et embrasse son corps
les passants,les oiseaux et meme les embruns
accrochent leur regard a cette beaute nue.
Une invite au soleil,aux yeux, a la caresse.
Intrigante en effet cette sculpture. On la regarde, l'eau bouillonne... C'est déjà beaucoup.
son attitude amène à regarder comme elle : vers le large , saluer les albatros et laisser le vent glisser, prendre le temps de laisser ses pensées voguer...
Bonjour Lily...
Tout de suite, quand je vois cette sculpture, je pense aux vacances. Je pense à l'été, au soleil... Au farniente. Tout de suite, je remarque évidemment cette disproportion entre la tête et le bassin de la baigneuse, et, avant même de lire ce que tu écris (car l'œil est forcément d'abord attiré par l'image - en tout cas le mien), je me dis que cela traduit le désir de se vider la tête pour n'apprécier que le paysage marin devant soi, se laisser porter par l'action de se prélasser sans penser à quoi que ce soit d'important... Et, finalement, j'arpente ce que tu écris, et je constate que nous avons eu la même pensée.
En fait, la baigneuse a aussi les pieds plus petits, les jambes plus courtes. Sans doute parce qu'on n'a pas besoin de ses pieds et de ses jambes pour rêvasser, nul besoin de courir. L'important, est de se poser, complètement, voilà, selon moi, pourquoi le bassin et le postérieur de la baigneuse, solidement installés, prennent autant de place.
Merci pour ce moment ensoleillé.
FP
Aujourd'hui, j'ai grand regret d'annoncer que je vais stopper le blog... je suis à 591 articles en 9 ans, et je suis un peu au bout de mes ressources, sinon à reprendre ce que j'ai déjà fait. je suis aussi un peu fatigué, car 'jy passe 2 heures par jour... je sais que je vais avoir un grand vide et un grand regret car sans se connaitre on se connait tout de même un peu... et avec mon "bon Dieu" vous avez tous été si compréhensif avec moi... un grand merci pour tous ces partages...
sincèrement
Jean
Tu n'as pas la mer ni peut-être une aussi belle lumière à Angers, mais tu as la Naissance de Vénus place de la Gare, et qu'est-ce qu'elle est belle la Vénus de Coquillay !!!
Chère Lily,
quel plaisir d'avoir reçu ton petit mot cette semaine. Que tu as bien fait de dérouler à nouveau la bobine pour retisser des liens que j'avais, je l'avoue, un peu mis de côté dans ma boîte en fer aux souvenirs.
Cette baigneuse n'est pas jolie - au premier abord - et finalement elle a un charme fou. Plus je la voie plus je l'aime. Elle attire l'œil, elle fascine par sa démesure et ses différences de proportions.
Merci Lily, encore de ta visite et à très vite, je ne te laisse plus.