Pour te guider ô toi que j’aime
Vois la veilleuse est allumée
Sont clos mes yeux tout pleins de gemmes

Ouvre tes yeux puisque tu m’aimes
Ouvre pour moi tes yeux fermés

Mets de l’huile dans la veilleuse
J’ai perdu la clef de mes yeux
Mes yeux aux pierres précieuses
Cherche la clef prends la veilleuse

J’ai cherché longtemps sur les routes
Passant n’as-tu pas vu la clef
J’ai cherché longtemps par les villes
Où est la clef des yeux fermés
Il me faut la clef des paupières

Guillaume Apollinaire
La clef


Chagall, dont j’ai pu admirer une toile à la Fondation Guggenheim à Venise et dont une reproduction du “Village Russe” est accrochée depuis une vingtaine d’années sur un de mes murs, est certainement moins connu comme peintre-verrier.
Mystique juif, ayant intégré le message du Nouveau Testament dans la continuité des écrits bibliques, il a réalisé la maquette  d’un immense vitrail de 7.50 m de large et 12 m de haut, pour la chapelle des Cordeliers de Sarrebourg, en Lorraine,
que vous pouvez voir ici.
Il l’a voulu message de paix et d’espérance en peignant l’aventure humaine
à la lumière de la Révélation.
Comme il l’a exprimé dans son discours lors de l’inauguration du musée
qui porte son nom  à Nice :
“peut-être n’y aura-t-il plus d’ennemi … les jeunes et les moins jeunes construiront-ils le monde de l’amour avec un nouveau coloris. Et tous, quelle que soit leur religion pourront … parler de ce rêve, loin des méchancetés …
Ce rêve est-il possible ?
Mais dans l’Art comme dans la vie tout est possible si, à la base, il y a l’Amour.”
 
Eloi Leclerc, qui a signé ce beau livre d’art (édité chez Mame), est un moine franciscain ayant connu la déportation.