L'histoire écrite par Ibsen n'est pas réjouissante : Un jeune fanfaron courant inlassablement d'aventure en échec et d'échec en fuite, dans la plus grande amertume, est comme possédé par la quête d'un moi insaisissable. Drame poétique ? Philosophique ?… Les deux certainement, Peer Gynt étant en quelque sorte un anti-héros. Mais la musique, elle, est sublime …

Lily a découvert "Au matin", le morceau ouvrant la première Suite (Opus 46), par le biais d'un jeu scénique, au service duquel avait été choisi cette musique, il y a une trentaine d'années. Une grande émotion !… Au fond d'elle, demeurent les gestes de l'homme et de la femme s'éveillant lentement de leur glaise, chacun de leur côté, ouvrant leurs yeux ébahis sur des paysages inconnus, des iles au décor exotique, des déserts, des terres étranges … Et de très loin, l'homme et la femme s'apercevant et avançant à la rencontre l'un de l'autre, dans la crainte et la joie mêlées … La vie, oui, la vie dans sa beauté un peu féline, qui nous ferait croire que ce matin-là est le premier matin du monde …

Lily aime écouter ce morceau avec les lutins. Eux-aussi semblent l'apprécier, alors elle leur a promis la vidéo sur le blog. Lors des envolées lyriques des violons, ils sourient : "Là, c'est l'amoour !"

"Sans la musique, la vie serait une erreur." Friedrich Nietzsche, 1844-1900.

"Au matin" de Peer Gynt.