soiePour l’histoire, il y est question de commerce d’œufs de vers à soie, d’épidémies de pébrine et de voyages vers le lointain et mystérieux Japon dans la deuxième moitié du XIXe siècle. Il y est aussi question de contrebande et de guerre à l’autre bout du monde. Mais surtout, le lecteur assiste à la découverte d’une toute autre culture, tissée de silence et de lenteur. De regards immobiles.

En train, à cheval, en bateau et à pieds, Hervé Joncour va parcourir quatre fois, la longue route, dont nous ne saurons presque rien et qui, d’octobre au premier dimanche d’avril, le mènera en quête de ses œufs, d’une flamme impossible … De lui-même.

La fin est bouleversante, inattendue et ouvre un bel espace pour la méditation.

Voilà un livre qui n’éveille pas particulièrement à la joie, avec de surplus un personnage central apparemment assez fade. Pourtant, Lily l’a dévoré en quelques heures. Déconcertant, oui, mais un grand moment de lecture - découpé en courts chapitres - qui donne envie de partir en quête de soi-même. De s’attarder à regarder, caresser, écouter la vie.

Avec “Soie”, publié chez Albin Michel, Alessandro Baricco s’est imposé comme l’un des grands écrivains de la nouvelle génération. Une découverte pour Lily et une soif d’aller plus loin dans son œuvre.

Certaines phrases sont belles comme des haïkus :

“Il eut trente-trois ans le 4 septembre 1862. Elle pleuvait, sa vie, devant ses yeux, spectacle tranquille.”

“Seulement le silence sur la route. Le corps d’un jeune garçon, par terre. Un homme agenouillé. Jusqu’aux dernières lueurs du jour.”

“Comme le désespoir était un excès qu’il ne connaissait pas, il se pencha sur ce qui lui était resté de sa vie, et recommença à en prendre soin, avec la ténacité inébranlable d’un jardinier au travail, le matin qui suit l’orage.”

Et voici la belle conclusion de Josée Corriveau, (Club-Culture), sur mondalire :”… une des leçons à tirer de ce roman est qu’on peut facilement oublier la force des gens qui nous entourent. Qu’ils sont dotés d’une valeur exceptionnelle et que l’on réalise souvent trop tard l’importance qu’ils avaient dans nos vies.”