Allons au jardin
Ce premier jour d’automne 2011, le ciel était radieux et le temps merveilleusement ensoleillé. Lily avait annoncé aux parents des lutins qu’ils allaient se lancer dans le jardinage. Chacun avait donc apporté sa paire de bottes et des mini-gants aux couleurs éclatantes.
La veille, Lily avait raconté la grande histoire de la Terre, formée à partir de gouttelettes d’eau, de poussières d’étoiles et d’une grosse boule de feu. Elle avait également parlé de l’humus, des graines et des racines. Puis des hommes qui, après s’être nourris de cueillette et de chasse, avaient eu l’idée de semer les graines où ils voulaient. Elle avait conclu par ces paroles : “Pour faire un jardin, il faut : de la terre, des graines et des plantes, mais aussi des petits animaux et … des jardiniers !”
Le matin même, après la formulette qui aide le conte à “sortir du sac” - les lutins adorent participer en donnant la réplique - la maîtresse a conté l’histoire du gros, du grand, de l’énorme rutabaga.
Vous savez, un papi sème une graine, l’arrose, la regarde pousser, jusqu’au jour où il trouve qu’elle est devenue bien grosse et qu’il est temps de l’arracher. Il se penche, attrape les feuilles, tire dessus, tire, tire et … Nom d’un chien, n’y parvient pas ! Il va chercher mamie qui s’accroche à sa taille, tire, tire et … va chercher son fils, qui s’accroche à son tour, tire, tire et … va chercher sa femme qui s’accroche à son tour, tire, tire et … ainsi de suite en passant par Lily elle-même qui s’accroche à la taille de son frère et, sans plus de succès, va chercher le chien qui va chercher le chat qui va chercher la souris … Mais patatras ! C’est le moment où le rutabaga sort de terre et où tout le monde tombe à la renverse ! Papi tombe sur Mamie qui tombe sur papa et ainsi de suite jusqu’au chat qui hurle : Miaou ! La souris en profite pour boulotter illico le gros, le grand, l’énorme rutabaga et chacun se remet comme il peut de ses émotions.
En début d’après-midi, Lily, avec des cordelettes, avait partagé le terrain (quarante mètres carrés environ) en parcelles et même en demi parcelles. Par petits groupes, les lutins bottés et gantés, avec la consigne de ne pas tasser la terre, sont d’abord allés observer et spontanément nommer les bestioles rampantes ou volantes qui profitaient de la lumière et de la douceur de l’air : papillons, coccinelles, lézard, sauterelle, scarabée, fourmi, etc. Ensuite ils ont essayé de reconnaître quelques plantes : la menthe, la lavande, les chardons, les orties, les pissenlits, la moutarde, mais aussi le séneçon et le chénopode, mais oui !
Enfin, tout ce petit monde s’est mis à désherber en apprenant à suivre des deux mains une tige pour tirer le plus près possible du sol. Oh, un vrai plaisir de voir sortir de terre des racines toutes différentes ! Parfois une jubilation devant les jolies toutes fines, les bien grosses, les bien fournies ou les bien longues …
Mais d’autres fois la tâche s’avérait plus rude …
À deux cela devrait aller mieux !
Mais non, la racine résiste ! Certains se prennent au jeu et se mettent à trois …
Ou même quatre ! “On fait l’histoire que t’as racontée, maîtresse ! On fait l’histoire !”
Quel délicieux moment ! Quelle joie partagée !
Commentaires
J’ai toujours pensé que cette histoire de gros navet enthousiasmait les petits; ils se l’approprient très vite car les tournures sont répétitives. mais “faire l’histoire” pour de vrai j’y avais pas pensé.
Il manque la photo de la culbute!
je te souhaite un bel automne d’or et d’argent!
Bonjour Lily,
Le monde des enfants,
Un monde d’innocence,
Un monde d’insouciance,
Tant mieux !
Le monde agricole
Un autre monde,
Un monde dur,
Impitoyable.
Sans répit,
Qu’il pleuve ou qu’il vente,
Qu’il neige ou qu’il chauffe,
Le paysan est toujours là.
Présent sur sa terre,
Il ne connaît ni repos ni vacances.
Aujourd’hui, il se fait vieux.
Qui le remplacera à ce dur labeur ?
Merveilleux !
Tu leur fais arracher les racines et moi je fais de même ! Bonheur sans nom que de goûter à la joie de notre terre qui nous a faits hommes avant de redevenir poussières de terre, entre temps on pourra faire des vers n’est-ce pas …Ou conter avec ton talent !
Comme la terre anjouée doit être riche non, la mienne est sèche,caillouteuse, et l’eau manque ! je dois l’amender sans cesse, quel travail mais les jardiniers en herbe, savent bien qu’il faut se dépenser sans compter, être patient, pour espérer récolter ce que l’on sème … L’on s’aime bien au jardin c’est vrai ! et tu leur apprends l’essence-ciel chère Lily !
Un moment délicieux et drôle !
Aller à l’école avec Lily c’est du bonheur ;-)
Bisous et bon dimanche de l’été indien !
Ils sont vraiment adorables ! Alors, ils ont réussi à l’arracher cette mauvaise herbe ?!?
Passe un beau dimanche !
Bises
Surplus de soleil,
l’été joue les prolongations.
Pour le plus grand bonheur des jardiniers de tous âges ! Pour les marcheurs aussi.
Belle semaine à toi !
“Dans mon dos passe un train -
j’arrache les mauvaises herbes
sans lever la tête.”
Hôsai
Ils ont dû passer un super moment!très bonne semaine
Que ce conte est joliment illustré avec ces petits enfants qui semblent s’amuser comme des fous!
Absolument délicieux ce conte mit en acte par les lutins ! Je connaissais la version avec une oie ! Les sourires joyeux sur les photos en disent long sur le bonheur des enfants. Une maîtresse généreuse et vraiment passionnée, quelle chance !!!
Je t’embrasse très fort Lily et me sauve au lit ! C’est l’heure pour moi…
Il semble que tu aies retrouvé les petits d’hommes avec plaisir et ce plaisir semble être joyeusement partagé !!!
Y a pas, vous avez le don gentille maîtresse !…
Bisous fleurs, Michèle
Ah, ce bonheur vif et inattendu d’expérimenter l’histoire que l’on vient juste d’entendre ! (sourire devant mon écran : c’est bien connu, la joie est contagieuse)