Tu peux jouer
Les enfants, c’est naturel, ont besoin de bouger, de rire, de se taquiner. Besoin également de jouer, de construire, de manipuler, de trier, de mélanger … Besoin de chanter, faire la fête, aimer, s’éclater … Et à travers tout cela Grandir !
Mais parfois la vie, même celle des lutins, est un tourbillon. Le poète s’adresse à l’enfant lointain, c’est-à-dire à chacun, ici ou ailleurs, riche ou pauvre, petit ou grand, pour proposer d’autres formes de jeux, avec les mots, la nature, le calme et l’exploration de son jardin imaginaire …
Poème pour un enfant lointain
Tu peux jouer au caillou :
il suffit de ne pas bouger,
très longtemps, très longtemps.
Tu peux jouer à l’hirondelle :
il suffit d’ouvrir les bras
et de sauter très haut, très haut.
Tu peux jouer à l’étoile :
il suffit de fermer l’œil,
puis de le rouvrir,
beaucoup de fois, beaucoup de fois.
Tu peux jouer à …
il suffit de …
…..
Tu peux jouer à l’arbre :
il suffit de …
…..
Alain Bosquet (1919-1998)
“Le cheval applaudit”
Éditions ouvrières
Une belle invitation
à l’intériorité,
à la créativité,
à la poésie vécue !
Ce poème rappelle à Lily une anecdote vécue avec les lutins :
Ils visitaient , il y a quelques années, le musée Jean Lurçat à Angers. Devant les tapisseries du Chant du monde, la médiatrice leur avait proposé de chercher tous les animaux représentés et face à quelques uns, choisis à l’avance, ils devaient par petits groupe raconter une histoire.
Devant la dernière tapisserie [visible ici], un enfant dont le père est d’origine africaine a pris la parole, avec une présence forte, pour raconter cette légende qu’il tenait de son papa :
“C’est une grande fille qui avec ses petits frères et soeurs se promène dans la brousse et rencontre un lion. Pour ne pas effrayer les petits qui, eux, ne l’ont pas vu, elle leur propose un jeu : imiter l’arbre et la pierre. Et au bout d’un moment, le lion s’en va sans leur faire de mal.”
Elle est très belle cette histoire, a conclu la médiatrice. Moi aussi, maintenant, je vais vous demander d’imiter l’arbre et la pierre !…
Commentaires
Bonjour Lily,
Instinct de protection,
Instinct maternel
Ou maturité précoce ?
Qu’importe !
Les enfants, en écoutant ce conte,
À la fin, se sentent rassurés.
Quel beau jeu, Lily ! On voudrait être dans ta classe (encore une fois). Parce que … moi aussi, je veux jouer ! Par exemple… :
je peux jouer au merle
il suffit de courir
sur la pelouse
de m’arrêter de temps en temps
de pencher la tête
et
d’en tirer
un beau grand ver bien gras
que je plierai ensuite
quatre fois dans mon bec
pour l’apporter en collation
à mes petits
au nid !
Chez toi , avec tes lutins, le rêve et la réalité sont toujours au bout du chemin…:-))
J’ aime respirer au royaume des enfants …ils n’ ont jamais fini de nous étonner…
Belle soirée Lily
Tiens, je retournerais bien en classe une fois ou deux.
– Mais tu en sors !
– C’est vrai ! et un enfant a trouvé cette belle idée de ne dessiner que les pieds d’une vache en haut de sa feuille pour illustrer ce poème d’Alain Boudet (extrait):
« Elle a chuté au ciel
avec au creux du ventre
un éclat de soleil.»
J’aime bien jouer moi :-)
Dans le cadre du printemps des poètes j’ai mis moi aussi un poème d’Alain Bosquet et je t’ai donc mis en lien jusqu’ici.
Ah le printemps des poètes une belle idée !
Bisous et bonne soirée !
Merci de nous rappeler ce poème si plein de fraîcheur et de nous convier à jouer comme avec tes petits lutins
Ta dernière photo est superbe.
Toujours agréable de découvrir un auteur de poème ! La journée démarre aisément ainsi. Les photos sont vraiment très belles. L’arbre avec le cœur est surprenante et je me dis que la nature est imaginative…
Il suffit de s’emparer d’une des idées tendues à bout d’imaginaire par Alain Bosquet et de la faire fructifier à l’infini… Magnifique enfance où tout est possible!