Poème pour un enfant lointain

Tu peux jouer au caillou :
il suffit de ne pas bouger,
très longtemps, très longtemps.

Tu peux jouer à l’hirondelle :
il suffit d’ouvrir les bras
et de sauter très haut, très haut.

Tu peux jouer à l’étoile :
il suffit de fermer l’œil,
puis de le rouvrir,
beaucoup de fois, beaucoup de fois.

Masque-dessin

Tu peux jouer à …
il suffit de …
…..

trois-chats

Tu peux jouer à l’arbre :
il suffit de …
…..

Arbre-coeur

Alain Bosquet (1919-1998)
“Le cheval applaudit”
Éditions ouvrières

Une belle invitation
à l’intériorité,
à la créativité,
à la poésie vécue !

Ce poème rappelle à Lily une anecdote vécue avec les lutins :

Ils visitaient , il y a quelques années, le musée Jean Lurçat à Angers. Devant les tapisseries du Chant du monde, la médiatrice leur avait proposé de chercher tous les animaux représentés et face à quelques uns, choisis à l’avance, ils devaient par petits groupe raconter une histoire.

Devant la dernière tapisserie [visible ici], un enfant dont le père est d’origine africaine a pris la parole, avec une présence forte, pour raconter cette légende qu’il tenait de son papa :

“C’est une grande fille qui avec ses petits frères et soeurs se promène dans la brousse et rencontre un lion. Pour ne pas effrayer les petits qui, eux,  ne l’ont pas vu, elle leur propose un jeu : imiter l’arbre et la pierre. Et au bout d’un moment, le lion s’en va sans leur faire de mal.”

Elle est très belle cette histoire, a conclu la médiatrice. Moi aussi, maintenant, je vais vous demander d’imiter l’arbre et la pierre !…

soleil-couchant