Ce merveilleux morceau d’anthologie, qui se passe bien sûr d’illustration, est introduit et commenté par la grande académicienne décédée en décembre 2010.

“Les défenseurs de Troie, se sentant victorieux, arrêtent le combat pour la nuit, et préparent leur repas autour des feux de camp. […] une grande image vient tout à coup élargir la scène.

“Après quoi, tous, pleins de superbe, s’installent pour la nuit sur le champ de combat. Leurs feux brûlent, innombrables. Telles, au firmament, autour de la brillante lune, des étoiles luisent, éclatantes, les jours où l’éther est sans vent. Brusquement toutes les cimes se découvrent, les hauts promontoires, les vallées. L’immense éther au ciel s’est déchiré; toutes les étoiles paraissent; et le berger se sent le cœur en joie.”

Homère, Iliade, Chant VIII, 551-559

“… on assiste ici au soudain changement du ciel qui se libère, révélant les étoiles et du haut des monts la variété même de la terre. Le répit connu sur la terre est ici plus vaste et magnifique […] Mais cette évocation de la nature se termine par une note toute humaine : le berger installé la nuit sur la montagne. […] Ainsi tout est rapproché : les hommes et la voûte étoilée, les combattants et le berger, la guerre et la paix. C’est là du très grand art; ce pourrait bien être aussi une invitation pour nous à ne pas nous laisser enfermer dans les misères et problèmes du quotidien, mais à savoir lever les yeux afin de voir plus haut, plus loin, et de garder la conscience éblouie du monde qui nous entoure.”

Jacqueline de Romilly ( Supplément Ouest-France d’il y a plusieurs années)

Que cet été vous permette de continuer à découvrir
la vAriété même de la teRRe
et vous apporte de beaux temps de répit afin de
“garder la conscience éblouie du
monde qui nous entoure.”

A bientôt !