Vendredi est un jour sauvage
Deux petits poèmes, l'un sans prétention, posé là juste pour détendre, l'autre petit bijou d'évasion, de rêves et de liberté. Nul lien entre les deux ? A voir, à voir…
Naze, kaputt
Enfant je disais :
Rôh, mon stylo est bousillé !
Mon cousin répondait :
Oui, ich bin kaputt !
Aujourd'hui mon mari dit plutôt :
Il est HS !
Quant à ma fille, elle lance :
Il est naze, ou encore
Complètement pourri.
Et nous pour rire,
On ajoute :
Pourri-dindon !
Cherchez pas,
Un jour ce pourri-dindon
Est arrivé dans la langue familiale
Et il y est resté.
Vendredi est un jour sauvage
Vendredi est un jour sauvage,
comme l'ami de Robinson.
On a fait le tour des leçons,
la semaine est prête au voyage
avec dimanche à l'horizon.
Les petits arbres de la rue
ressuscitent dans leurs oiseaux,
gouttes de plumes, gouttes d'eau
pianotent sur les têtes nues.
L'institutrice en dernière heure
fait leçon de géométrie.
Chacun rêve et nul ne s'ennuie
car les parallèles, bonheur !
Vont au tableau jusqu'à la vitre
pour nous montrer le point de fuite !
Jean-François Mathé
Poèmes poids plumes, Le farfadet bleu, Cadex
Edition Printemps des poètes 1998
Les compagnes de voyage, huile sur toile par Augustus Leopold Egg (1816-1863)
Commentaires
J’adore la toile d’Augustus Léopold Egg. Et le poème qui l’accompagne lui va si bien et vice versa! Bonne journée Lily! :)
Tout en douceur de soie se dessinent les vacances pour ceux qui ont bien travaillé…et ceux qui les accompagnent…:-))
Très joli ce tableau qui invite au voyage…
Bisous soleil Lily
Les textes et le tableau sont un délice ! merci !
Un poème qui tombe bien ! Je suis la parallèle vers le point de fuite : les vacances ! Et je suis d’humeur primesautière avec un esprit vagabond… J’aime ton petit poème avec le “pourri dindon” ! A la maison quand un de mes fils boudait, on lui disait “tu es boucat” ! Je ne sais pas d’où cette idée a surgit mais je l’utilise encore aujourd’hui. Quel beau tableau ! Ces robes argentées qui s’étalent en une multitude de plis accentuent le laisser aller vers un ailleurs plein de promesses et de liberté !
une belle perspective en somme ( de beaucoup de possibles).
j’aime particulièrement le premier !
Le crayon bousillé? Celui qui dessine le point de fuite…oh.
Les perspectives seront oniriques, les voyages imagés.
Merci Lily, mes voyages seront virtuels, avec ces superbes compagnes.
“pourri-dindon” c’est rigolo et même touchant ces petits mots qui se glissent dans l’histoire des familles et qui se transmettent d’ailleurs de génération en génération… Belle journée Lily. brigitte
Du pourri-dindon au point de fuite de ce tableau fascinant (l’une lit, l’autre pas - dort-elle? écoute-t-elle? etc.), quel bon billet pour un lundi sans bruit.
jeux de miroir et parallèles, on se renvoie diverses balles, on est quasi jumelles, on joue avec les mots ! Moi, j’en vois des tas de liens entre ces trois œuvres sympathiques ;)
Merci de nous faire connaître ce poète et ce peintre…Je ne connaissais ni l’un ni l’autre et j’aime..
J’ai une petite préférence pour le second ! Je trouve qu’il me parle plus ;)
Tiens, tiens ! Je le reconnais, ton stylo pourri-dindon ! ;-)
Irais-je jusqu’à dire
que notre printemps
fut pourri-dindon…