C’est Victor Hugo qui nous dit :

« Quand nous habitions tous ensemble
Sur nos collines d’autrefois,
Où l’eau court, où le buisson tremble
Dans la maison qui touche aux bois … »

Gamine, j’ai connu les bois, les prés avec les vaches, les levers de soleil à la « Sablière » (mon lieu de prédilection), les étoiles étincelantes, assise sur les marches du perron, à la nuit tombée, mais si j’avais connu un cours d’eau, il me semble que ma vie aurait été moins immobile. Que mon cerveau aurait été lavé. Que les ricochets sur son onde m’auraient enchantée.

Durant ma première année de collège - dans un bourg traversé par une rivière - nous devions rédiger une rédaction relatant une partie de pêche. Hé ! Quoi dire ? Ai cherché dans des livres de lecture (sans images), ai pris des phrases à droite, à gauche, en les modifiant. Au moment où j’écrivais « les libellules volaient, légères, en tourbillonnant », une tristesse m’a envahie. Je n’avais jamais vu de libellules voler ! …

Les dessins d’hier ont été croqués, bien sûr, à Jarnac, dans une région où il fait bon, en vacances l’été, regarder les libellules voler.