Les raisons de la régression du nombre de ces oiseaux étaient liées, en partie, à l'assèchement des zones humides, à la prolifération des poteaux électriques, entraînant toujours de nombreuses électrocutions, mais surtout à la sécheresse et à la famine dans leur région d’hivernage en Afrique noire. Parvenant difficilement à se nourrir, chassées pour leur chair, empoisonnées par les pesticides destinés à détruire les criquets, les cigognes revinrent de plus en plus rarement nicher sur les toits ou les clochers de notre pays.

Pour sauver l’espèce, un centre - genre de parc à cigognes - dans le Haut-Rhin, travaille désormais à leur ôter leur instinct migratoire, avec du personnel qualifié pour s’occuper des œufs puis des petits, jusqu’à l’âge de trois ans.

C’est dans l’enceinte de l’écomusée d’Alsace que Lily en a admiré plusieurs couples, volant majestueusement au-dessus des toits pour rejoindre leurs cigogneaux au nid. L’envergure de l'animal est d’environ deux mètres et, en vol, on peut voir cou et pattes, entièrement tendus vers l’avant et vers l’arrière. Leur plumage blanc, noir au bout des ailes, contraste élégamment avec leurs pattes et leur bec rouge orangé. De sonores claquements de ce bec indiquent la vitalité du groupe. Les cigognes se nourrissent de divers petits animaux comme les poissons, grenouilles, serpents, rongeurs, sauterelles, vers et autres « charmantes » bestioles.

Voir et entendre ces grands oiseaux, si fins sur leurs pattes et si élégants, réveille inévitablement en soi une poésie rare des bords de l’enfance, un goût de voyages, d’éternels retours et bien sûr d’amour. Les enfants, eux, vivent la nécessité de lever les yeux, l’étonnement devant tant de blancheur et surtout l’inattendu, la différence avec ce qu’ils connaissent déjà.

Oui, comme le disait une vieille chanson populaire :

"Les cigognes sont de retour,
Sur les clochers des alentours,
Égayant de leurs ailes blanches
Les toits qui penchent
Des vieux faubourgs."