La femme dont il est question vit dans une ville pleine de lumière, d’odeurs de la mer et d’arômes des jardins. Mais son petit, qui approche des deux ans, n’émet aucun son et ne marche pas. Dans son sourire brillent encore «  les petites pâtes étoilées de la bouillie ». La mère, sans réel soutien, n’ayant en tête que quelques vagues souvenirs d’amour, songe au suicide. Seulement il lui en faut un qui ne la rendrait pas coupable aux yeux du monde, un qui passerait pour un accident. Son petit serait alors confié à une « famille normale »… Pourtant, elle a déjà rencontré son voisin qu'elle trouve beau, celui qui habite la maison de l’autre côté du mur jonché de tessons de bouteilles. Il a un fils qui vit là durant l’été, cherche d’autres enfants et veut aller à la mer. Lentement la femme va s’éveiller à l'enfant, à l’autre, à travers de nombreux petits gestes anodins et très touchants. Et les rues obscures deviennent alors « des promesses de lumière ».

Les personnages de Milena Agus, qui avait déjà écrit « Mal de pierres » (succès de l’été 2007) ont tous d’immenses failles, mais on les suit avec bonheur parce qu’ils sont sans fard et traînent avec eux une merveilleuse bulle de poésie à l’état brut. Dans un quotidien tissé de broutilles et de jolis moments ! (Voir aussi l'avis élogieux de Bel Gazou dans son billet du 16 avril).

Extrait : « - Si je pouvais avoir une maladie ! Si je pouvais vous voler toutes les causes de mort et les prendre pour moi !
Le voisin riait, et à force de rire se courbait sur le mur comme sur un cheval, et il enlevait les tessons de bouteille pour ne pas se blesser au visage
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Édité chez Liana Lévi - Janvier 2009