C'est qu'ils sont rigolos ces petits flocons, légers comme des papillons blancs, doux comme de toutes petites boules de coton qu'on promènerait sur sa peau, irréguliers comme de joyeuses graines de fantaisie. Nos yeux les accompagnent dans leur chute, mais bien vite un autre et encore un autre attirent notre regard. Une partie du ciel et de sa magie tombe avec chaque flocon, quelques petites étoiles follettes en profitent pour descendre sur terre ... Alors, tout emmitouflés, les humains font trois pas au dehors. Les flocons dansent sans bruit, juste sur la musique du silence, et  petit d'homme voudrait tirer la langue pour tous les gouter, ouvrir les mains pour les voir fondre sur le bout de ses doigts et chuchoter que la terre est en train de mettre son manteau de fête.

Ivre de flocons,
Le ciel, sur nos têtes, répand,
Son doux rire blanc.

Avec la neige, on rit, on oublie toutes les petites grisailles de la veille et déjà on rêve d'étendues toutes blanches, d'arbres et de toits métamorphosés, de petit cheval dans le mauvais temps, comme dans les films d'autrefois qu'il est si doux de regarder bien au chaud. On se remémore  quelques batailles de boules de neige bien tassées, qui faisaient crier les peureux et tellement rire les joyeux gamins et, bien sûr, dans sa tête on voit déjà la silhouette d'un rondouillard bonhomme blanc créé de ses propres mains. Oh, la joie, toute froide et tellement entrainante !... Oh, le bonheur d'enfance, si enraciné dans les mémoires !... Comme on voudrait que cette première couche de neige reste sur la terre, plusieurs jours durant !...

Lily s'est amusée à photographier les lutins. "Regarde, un caillou de neige !" lui dit l'un ... Quelques pas plus loin, un autre s'exclame : "J'ai trouvé un caillou de neige !" Trop bien pour "La soupe au caillou" songe la maitresse.

Dans son manteau rouge et blanc, par dessus son habit vert, ce sapin-là attend la belle et douce nuit ...