Lutins d'ici ou d'ailleurs
Y aurait-il deux catégories de lutins, ceux d'ici et les autres ? Ceux qui ont Papy et Mamie tout près, ou encore à quelques heures de route, et ceux qui prennent voiture ou train, plus bateau ou avion pour aller les voir, tous les deux-trois ans ou plus, de l'autre côté de la Méditerranée ?...
Qu'ils mangent du mouton ou du cochon, les lutins sont des lutins, avant tout !
Pourtant il se trouve qu'en grandissant, suivant la couleur de la peau et les origines des parents, on est loin de l'égalité.
Un manuel de lecture des années 50/60 et une histoire d'aujourd'hui qui fera peut-être sourire quelques convaincus ...
Comment t'appelles-tu ? demande la maitresse au nouveau.
- Mohammed, répond le petit.
- Ici nous sommes en France, il n'y a pas de Mohammed, dorénavant tu t'appelleras Roger, rétorque la maitresse
Le soir, Mohammed rentre chez lui.
- La journée s'est bien passée Mohammed ? lui demande sa mère.
- Je ne m'appelle plus Mohammed, mais Roger car je suis en France.
- Ah, tu as honte de ton prénom, tu renies tes parents !
La mère pique une belle colère et lui flanque une raclée. Puis elle appelle le père et le met au courant. Mohammed s'en reprend une.
Le lendemain Mohammed retourne en classe.
- Que s'est-il passé mon petit Roger ? lui demande la maitresse, inquiétée par les marques de doigts
- Ben madame, ça faisait pas deux heures que j'étais français que je me suis fait agresser par deux arabes.
Lu sur almanachronique
Commentaires
Lily, moi aussi je suis un lutin, un petit génie, si tu savais, j'exauce tous les voeux...bisou, bonne journée...
et oui il y a des différences sur terre
couleur de peau, de taille,de poids
mais un enfant reste un enfant
avec ses joies et ses peines
avec ses espérances et ses déceptions
et pour cela on doit veiller sur lui
bonne journée
Un petit texte de Brel que j'aime tout particulièrement :
Un enfant
C'est le dernier poète
D'un monde qui s'entête
A vouloir devenir grand
Et ça demande si les nuages ont des ailes
Et ça s'inquiète d'une neige tombée
Et ça croit que nous sommes fidèles
Et ça se doute qu'il n'y a plus de fées
Mais un enfant...
Et nous fuyons l'enfance...
Un enfant...
Et nous voilà passants...
Un enfant...
Et nous voilà patience...
Un enfant...
Et nous voilà passés...
La différence, je la côtoies chaque jour à mon travail et je vois qu'il y a encore bcp de chemin à faire pour que nous soyons prêts à accepter l'autre, tout simplement...
"Quand je regarde l'autre, je me vois"...
Je ne sais pas qui a écrit ça...
J'aimerais que ce soit moi!
Au collège ma meilleure amie s'appelait Samia Belarbi et me racontait les mariages arrangés de ses sœurs. Elle n'a pas connu le même sort que ses sœurs, grâce à son manque de joliesse, de coquetterie, et son esprit frondeur. Je ramenais Samia chez mes parents après l'école, malgré le racisme affiché de mon père, ouvrier du bâtiment, travaillant avec des immigrés. Les amis de mon père étaient ritals, espagnols, portugais, arabes … Il était ami avec les étrangers qu'il côtoyait, les ramenait chez nous, leur montrait fièrement sa maison, qu'il avait fait seul. Il était raciste avec les autres, les étrangers qu'il ne connaissait pas.
Je ne peux pas être neutre dans cette histoire...petite-fille d'un immigré "macaroni", tel qu'ils étaient dénommés à l'époque, je pense bien sûr que les mélanges enrichissent et qu'au regard de la longue histoire de notre peuple...nous sommes tous le résultat de croisements entre milieux et origines variées...Nos coeurs n'ont pas de couleur, eux...et nos cerveaux ne devraient pas en avoir!!
Et pourtant, on est toujours étranger quelque part, non?
Atroce ta blague ;)
C'est tout à fait vrai ce que raconte la mère à la noix : on est racistes avec les étrangers qu'on ne connaît pas.
Les autres sont des amis...
J'ai formé un stagiaire marocain il y a 2 ans, Medhi. Il a mis 4 mois à trouver un studio dans Paris, alors qu'il était élève de grande école, et stagiaire dans une grooooossse boîte qui paye bien...
Le mélange des peuples est un enrichissement sur le plan culturel et génétique. La consanguinité aboutit au néant. Accepter l'autre dans sa différence de couleur, de manière de voir le monde etc... est une démarche difficile. J'essaie de m'y appliquer chaque jour mais la peur de l'inconnu amène préjugé et rejet. Et les sans-abris sont les victimes de ces peurs. (oui j'ai commencé par lire le billet du 16/01 !)
Bises du Sud