Caspar David Friedrich "Vue du port" 1815

Je suis debout au bord de la plage
Un voilier passe dans la brise du matin et part vers l'océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu'à ce qu'il disparaisse à l'horizon.

Quelqu'un à mon côté dit :
"Il est parti !"
Parti ? Vers où ?
Parti de mon regard. C'est tout…

Son mât est toujours aussi haut,
Sa coque a toujours la force de porter sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
Pas en lui.

Et juste au moment où quelqu'un près de moi dit : "il est parti !"
Il en est d'autres qui, le voyant poindre à l'horizon et venir vers eux,
S'exclament avec joie :
"Le voilà !"…

William Blake

"Escalier de lune à la mer", Idem

Un bonheur particulier à contempler la toile suivante, "Sur le voilier", conservée au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg. Caspar Friedrich vient d'épouser, en 1818, Caroline Boomer. Au retour de leur voyage de noce, sur les bords de la Baltique et dans l'ile de Rügen, il va représenter leur couple sur cette toile magnifique, commentée par Christophe André, dans "De l'art du bonheur":

"Loin d'en être resté à l'évocation de deux êtres amoureux et épris, Friedrich a subtilement dépeint les forces obscures qui poussent un couple vers son destin, les zones d'ombre et de lumière qui l'entourent, les mystères de son devenir. Et, au milieu de tout cela, l'amour qui le lie, et dont dépend sa survie…"


Lily a besoin d'une plage de silence. Elle vous retrouve d'ici une semaine pour annoncer le "Printemps des Poètes", consacré cette année aux femmes. Et d'ici là, que le vent vous porte ! Mais pas trop tout de même… Ah, la tempête !