Revoir l'ile
Prendre la route pour retourner dans l'île, celle où pour voir sa tante, elle est allée gamine. Revoir l'ile d'Oléron où, assez régulièrement par la suite, elle est s'est rendue avec ses propres enfants.
Se rapprocher de l'océan et se redresser sur son siège, ouvrir grand les yeux, les diriger à droite et à gauche. Scruter le ciel et les marais. Guetter des oiseaux, un rayon de lumière particulier, un reflet, un objet inhabituel. Admirer l'élégance et la blancheur d'une aigrette prenant son vol, surprendre quelques cigognes et distinguer un peu plus loin la silhouette de "p'tit vieux engoncé dans son costume gris" d'un héron Bihoreau.
Arriver avec une certaine joie au pont de Bourcefranc et se souvenir qu'autrefois, à huit ans, elle a emprunté là, au Chapus, le bac qui permettait de gagner l'ile. Découvrir que la marée est basse et que la vase emprisonne toujours de vieux morceaux de ferraille, des pneus, des sacs en plastiques ou autres objets de rebut. Se dire que cet univers dans lequel elle entre est différent de celui de son quotidien, qu'il garde la trace du labeur des hommes et qu'il n'est pas toujours idyllique, paradisiaque. Se souvenir des intonations de sa Mémé, l'été de ses huit ans, qui lui répétait : "Regarde la mer, Lily, regarde la mer !" De sa réponse aussi, chargée de déception : "Oui, ça va, je l'ai vue !"
Traverser, toujours avec une certaine émotion, Le Grand Village où elle a
des souvenirs cocasses avec les crabes de la plage et bifurquer vers
Saint Trojan. S'arrêter pour pique-niquer sur le port des Salines en regardant les
cabanes ostréicoles colorées et rafistolées. Déplorer la brume qui ne
s'est pas encore dissipée mais laisse quand même apercevoir le grand
viaduc à l'horizon. Sourire de cette cabane "Bout au vent" regardant de loin les "claires à huitres" et en même temps s'attrister de ces barques abandonnées, du
délabrement de certaines bicoques et de leur toiture. Croire en la
présence d'un cormoran, les pattes posées dans la vase, qui à marée
basse n'est pas très poétique, et finalement s'apercevoir que ce n'est
un gros galet moussu dressé là depuis certainement fort longtemps.
Marcher sur le quai et constater que plusieurs restaurants de fruits de
mer sont, à cette époque de l'année, fermés. Se dire que la vie
insulaire, l'hiver, ce n'est certainement pas toujours drôle. Et puis
tout de même apprécier le vol et le cri des mouettes, déjà parées de
leur petit capuchon couleur chocolat, l'air chargé d'iode et donc meilleur, quelque soit le temps, qu'en d'autres lieux, la luminosité qui timidement traverse
les restes de brume.
Se dire que la mentalité, l'esprit des personnes qui vivent dans l'ile,
ont forcément été, plus que pour d'autres, façonnés par les éléments et
que ces gens en tirent une force de caractère bien particulière.
Durant l'après-midi, apercevoir les petites boules d'or du mimosas et songer à Pierre Loti qui nommait cet endroit son "ile aux parfums".
Regagner le continent dans la soirée et se retourner, s'arrêter pour admirer le soleil couchant qui inonde de sa douce lumière le pont-viaduc et le "Coureau d'Oléron". Se dire que la journée a été dense, mais trop courte. Se promettre intérieurement de revenir et de ne pas se lasser de voir la Belle Bleue. "Regarde la mer, Lily, regarde la mer !..."
Commentaires
Habiter à 30 minutes du viaduc (enfin, hors saison !) est le privilège de mère à la noix !
La mer en hiver tu penses que je connais bien !
Les plages et les dunes d'Oléron sont magnifiques par contre dès qu'on entre dans les terres je trouve qu'on n'a plus l'impression d'être sur une île ... L'île est trop grande, trop construite aussi.
Dans la région c'est Aix que je préfère.
En France c'est Bréhat, au large de Paimpol, ma préférée.
J'aimerais faire les îles du Ponant, c'est celles qui m'attirent le plus.
c'est un endroit que je ne connais pas mais que je rêverais de parcourir
J'aime cette ile, j'y suis allé souvent, j'ai plein de jolies photos de l'endroit...bise lily, passe une bonne soirée...
Coucou lily, heureusement que ce n'est pas mon vélo celui là, le mien est bien plus joli, électrique en plus, quel régal, si tu savais...non pas de tempete cette nuit sur mon sud ouest...bise, bonne journée...
joli retour en arrière... je ne connais pas du tout cette région, j'aimerais bien ...
Comme toi, j'aime l'ambiance particulière des paysages touristiques "hors-saison". Un luxe que je peux m'accorder en séjournant dans un gîte normand en février par exemple, ou dans une chambre d'hôtes alpine en été... C'est un pur plaisir que de profiter de ces lieux sans personne...ou presque! Merci pour cette balade à tes côtés dans ces conditions idéales!
très belle photos
je connais un peu cette endroit pour y avoir été en vacances c'est très beau
On préparait un voyage de quelques jours: côte atlantique, Vendée, Charentes...le lieu de séjour n'était pas fixé, mais on penchait pour Oléron, qu'on ne connaît pas...Le voyage sera pour plus tard, on n'a pas envie d'aller jouer les voyeurs dans des régions sinistrées!
Bonjour Lily,
C'est un très bel article que j'ai lu avec émotion sachant et ayant vu aux infos tous les dégâts dus à la tempête. Je pense fort aux personnes qui vivent dans ces lieux. La Vendée aussi c'est plus qu'horrible. J'espère que tu n'es pas trop "chamboulée".
Bisous à toi Lily.
J'y ai passé des vacances avec une amie il y a quelques années. Une très belle île, qui doit en ce moment être dans l'émotion. J'ai été chamboulée par la tempête car je me suis baignée à l'Aiguillon. J'y ai de la famille. Heureusement ils sont en vie.
Les photos sont très belles
Nous avons ces souvenirs en commun, Lily, j'ai l'impression de me revoir quand j'avais 13/14 ans, l'âge où j'ai commencé à aller en vacances à l'Ile d'Oléron avec mes parents, nous y sommes retournés plusieurs années. Nous étions justement au camping de Grand-Village, mon papa adorait aller faire son petit tour au phare de Chassiron, notamment lors de la fête de la mer du 15 août ; nous aimions bien aussi nous promener à Saint-Trojan. Je n'y suis pas retournée depuis plus de 30 ans ; j'en ai la nostalgie, surtout en te lisant.
J'ai lu dans ton dernier message que tu faisais une petite pause, resssource-toi bien chère Lily, j'epère que tu n'as pas trop souffert de la tempête. Chez moi, seul le jardin a pris un peu, mais pas de dégâts majeurs. Je suis profondément émue en pensant à tous ces gens qui ont tout perdu, c'est une grande catastrophe.
Je t'embrasse, amitiés de Vendéee,