Sur le gris des ardoises, il se détache singulièrement ce fameux "Arbre-serpent" de Niky de St Phalle, la dame des "Nanas" à grosses fesses, rondes et colorées, installées en divers endroits du monde, et, plus près de nous, de la Fontaine Stravinsky à Beaubourg.
Certains n'aiment pas du tout !
Pourtant ... Faut-il n'y voir qu'une œuvre bouffonne, caricaturale et outrageusement colorée ?...
La symbolique de cette sculpture, liée à une enfance fortement perturbée par un père incestueux, est assez chargée. L'artiste donne à voir dans une forme très organisée les "gueules monstrueuses" qui ont assailli ses jeunes années. Ce monstre-là, dont symboliquement les têtes repoussent au fur et à mesure qu'on les coupe, nul ne peut et ne doit l'oublier ou le nier !
Un long travail intérieur et artistique ont pourtant permis à  Niky de Saint Phalle de ne pas s'enfermer dans sa souffrance. Elle a su la transformer en un arbre-fontaine dynamique, où malgré tout triomphe la vie.  Par le choix des couleurs, vives, un tant soi peu criardes, elle parvient à nous faire croire qu'il s'agit d'une œuvre ludique et presque enfantine.
D'ailleurs les enfants ne s'y trompent pas ... Le regard  attiré par les gueules béantes de cette "bête à sept têtes", ils aiment à penser, non sans un petit sourire intérieur, qu'ils sont très forts. Oui, la vie est forte en eux ! A nous de les laisser grandir dans cette légitime assurance  ...
Au passage, le contraste avec la rigueur du logis est plaisant. Deux mondes se côtoient, s'enrichissent et se complètent ...


Et que la nature est belle à travers les magnolias en  fleurs !