http://animauxlibres.over-blog.com

Visionnant quelques vidéos sur l'élevage industriel des porcs, Lily s'est sentie révulsée … et honteuse ! Comment en est-on arrivé à ce point de barbarie ?!

Elle se souvient qu'autrefois, en Poitou, Charente, Vendée, beaucoup de fermes avaient leurs cochons. Voici un texte, remarquable à ses yeux, lu dans "Mari et femme autrefois en Poitou", un livre de Nicole Morin, édité chez Brissaud, bouquiniste à Poitiers, qu'elle avait offert à sa Mémé en 1982, trois mois seulement avant sa mort. Malgré la maladie, la faiblesse, Mémé Alice avait trouvé la volonté de le lire et même de l'annoter !

"L'élevage du cochon est [également] l'affaire de la femme. La bête achetée à la foire ou chez un voisin ou issue de la "mère gorette", pour ceux qui avaient des truies "gorounnantes", soignée pendant de longs mois et non forcée, devenait presque une amie, et c'est toujours avec un peu de peine que l'on sacrifiait le malheureux "titillet". La femme préparait la "chaudronnée" ou la "beurnaille", c'est-à-dire faisait cuire des pommes de terre dans la grande "poëloune" située près des "têts" à cochons, en prenant bien soin de "dédrageonner" au printemps les pommes de terre.[…] Le cochon mangeait également le petit lait, des betteraves, de la farine d'orge, des fruits moins beaux ou le surplus, des choux, des orties, l'eau de vaisselle … Tous ces soins étaient dévolus à la femme, mais le nettoyage des "têts" était assuré par l'homme.

Les femmes étaient également chargées de conduire les truies au verrat, l'une devant avec une baguette, l'autre derrière avec son bâton. Quand la truie était prête à "goretter" ou "gorouner" la fermière veillait à ce qu'elle reste sèche, la changeait, la surveillait jour et nuit, et dès que le premier petit était né, elle ne la quittait plus, la caressait, lui parlait, veillait à ce que les petits ne soient pas étouffés ; la lanterne était posée sur une niche prévue à cet effet. Parfois même, elle chantait :

T'auras do ayants
T'auras do ayants
Ma grosse truie mirolante
T'auras do ayants
T'auras do ayants
Si les chênes en am'nant."

Juliette Nourredine - Tout est bon …dans l'cochon