Une vie de cochon
"Petites fermes campagnardes avec vos gros lapins et vos gros cochons, nourris de l'herbe des prés, petites poules, poulettes pondant à votre gré, vous êtes presque passées dans la légende. Les cochons aujourd'hui sont enfermés les uns sur les autres dans des buildings clapiers de campagne, ils reçoivent des aliments pré-mâchés, soigneusement préparés par les chimistes de service et on a mis les poules et les poulettes au travail à la chaine, elles pondent comme des mitrailleuses.
Rien de ce qui fait l'aliénation humaine ne sera épargné aux animaux de basse-cour."
Julos Beaucarne : "Front de libération des arbres fruitiers" 1974
http://animauxlibres.over-blog.com
Visionnant quelques vidéos sur l'élevage industriel des porcs, Lily s'est sentie révulsée … et honteuse ! Comment en est-on arrivé à ce point de barbarie ?!
Elle se souvient qu'autrefois, en Poitou, Charente, Vendée, beaucoup de fermes avaient leurs cochons. Voici un texte, remarquable à ses yeux, lu dans "Mari et femme autrefois en Poitou", un livre de Nicole Morin, édité chez Brissaud, bouquiniste à Poitiers, qu'elle avait offert à sa Mémé en 1982, trois mois seulement avant sa mort. Malgré la maladie, la faiblesse, Mémé Alice avait trouvé la volonté de le lire et même de l'annoter !
"L'élevage du cochon est [également] l'affaire de la femme. La bête achetée à la foire ou chez un voisin ou issue de la "mère gorette", pour ceux qui avaient des truies "gorounnantes", soignée pendant de longs mois et non forcée, devenait presque une amie, et c'est toujours avec un peu de peine que l'on sacrifiait le malheureux "titillet". La femme préparait la "chaudronnée" ou la "beurnaille", c'est-à-dire faisait cuire des pommes de terre dans la grande "poëloune" située près des "têts" à cochons, en prenant bien soin de "dédrageonner" au printemps les pommes de terre.[…] Le cochon mangeait également le petit lait, des betteraves, de la farine d'orge, des fruits moins beaux ou le surplus, des choux, des orties, l'eau de vaisselle … Tous ces soins étaient dévolus à la femme, mais le nettoyage des "têts" était assuré par l'homme.
Les femmes étaient également chargées de conduire les truies au verrat, l'une devant avec une baguette, l'autre derrière avec son bâton. Quand la truie était prête à "goretter" ou "gorouner" la fermière veillait à ce qu'elle reste sèche, la changeait, la surveillait jour et nuit, et dès que le premier petit était né, elle ne la quittait plus, la caressait, lui parlait, veillait à ce que les petits ne soient pas étouffés ; la lanterne était posée sur une niche prévue à cet effet. Parfois même, elle chantait :
T'auras do ayants
T'auras do ayants
Ma grosse truie mirolante
T'auras do ayants
T'auras do ayants
Si les chênes en am'nant."
Commentaires
La vidéo est excellente .. il y a beaucoup à dire sur l'abattage des animaux et notre façon de les considérer en général.
Ne m'en parle pas, c'est honteux !...
Nous sommes redevenus de vrais sauvages, sans consciences...
Tu as bien fait de nous le rappeler ma Lily !
Enormes bisous !!!
^^
J'ai vu dernièrement une vidéo sur l'abattage des bœufs par un grand industriel ! C'est affreux !
Par contre, ta vidéo "tout est bon dans le cochon" est excellente !
Bonne soirée Lily !
Je la connaissais cette chanson mais j'avais pas vu la vidéo...
L'abattage... no coment!
J'ai beaucoup de retard dans mes lectures chez toi ... je reviendrai donc dès que je le pourrai! Mais cette histoire de cochon évoque tant de souvenirs chez moi !... Jusqu'à l'âge de dix ans, j'ai connu le cochon annuel, et la charcuterie qu'on faisait ensuite ... Hier soir, à moitié endormi dans un fauteuil, j'ai ouvert mes yeux et mes oreilles pour suivre un reportage sur les abeilles : c'était tellement bourré de surprises !...
Un seul mot : Terrible ...
Je recommande vivement de lire les interviews de Dédé Pochon, homme terrien de bon sens : http://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C...
et de lire cet excellent terrible petit livre Une vie de cochon : http://www.agrobiosciences.org/arti...
On pourrait encore manger de la viande en gardant bonne conscience mais il faudrait redonner la terre et les bêtes aux cultivateurs et aux éleveurs, les confisquer aux industriels. Donc bouffer moins ... et de saison et local.
Manger des légumes de "pleine terre" et de la viande provenant de bêtes de "plein champ", voilà ce auquel aspirent beaucoup de personnes, comme toi Lily. Comme moi, comme tes lecteurs. Cela fait du monde de bonne volonté !
Déjà si toutes les personnes qui jouissent d'un jardin, réservent une partie pour un potager et que certaines y mettent même une poule ou deux, pourquoi pas des lapins, il y aurait moins de gens pour acheter des œufs de cage et des tomates hors sol.
Potager familiaux et jardins ouvriers, voilà un premier effort facile à faire.
Bises à toi, mère du net.
une petite-fille de paysans
Toujours proche de la nature et des animaux...je suis sur le même mode que toi! Je sais que nous sommes nombreux à penser comme cela...et pourtant, rien ne change! J'ai peur de comprendre que nous n'y pouvons rien dans les décisions...!!
Mais le soleil brille...oust, les vilaines pensées sombres! Parlons jardinage... Je cherche désespérément "ta" poésie que j'avais mise de côté (trop bien sans doute puisque je ne la trouve plus!!!), sur le jardin et ses plantations...légumes...Peux-tu avoir la gentillesse de me la redonner ? Besoin urgent côté professionnel...!! Merci Lily, et bises.
Je ne mange jamais de viande rouge, que du poisson et parfois du poulet et de la dinde...je hais ces élevages en batterie, et les transports des animaux de boucheries, dont les règles ne sont pas respectées, laissant ces pauvres bêtes dans des souffrances inouies...ta note réveille en moi mes années passées en tant que bénévole dans une association de défense animale bien connue...ce sont les hommes qui se comportent comme des bêtes, et qui consomment bêtement sans réfléchir...bonne journée lily...
Si seulement certains pouvaient voir s'abattre sur eux une conscience...
Mais est ce possible ?
Le minimum de respect me semble quand même plutôt la moindre des choses... Abattre des bètes, d'accord, puisqu'il le faut, mais avec un minimum de décence... Faire souffrir le moins possible (ou même pas du tout, ça serait encore mieux) ne serais ce pas la moindre des choses ???
Je comprends de moins en moins le monde où je vis, en tout cas, je n'en suis pas fière (oui je sais tu vas encore dire que je suis trop négative)
Bisous ma Lily
Les animaux en batterie : une réalité super triste ! Surtout qu'il pourrait en être autrement.
Des souvenirs qui reviennent en mémoire, des souvenirs du "têt" à cochon, de rillettes, de rillauds (je déteste ça !), de boudin noir...
Une super vidéo qui remonte un peu le moral pour finir !
Je ne supporte pas qu’on puisse
Faire souffrir des animaux inutilement