D'emblée le titre, sorti de la tête géniale de Raphaëlle, a plu aux lutins. "Petites bêtes et potager", c'est un peu comme "Mon papa est pompier à Perpignan", le répéter chatouille les lèvres et sonne agréablement aux oreilles. Mais, naturellement l'intérêt ne s'arrête pas au jeu des sonorités. Les petites bêtes, cousines des fourmis de dix-huit mètres, ayant un chapeau sur la tête, font le bonheur des enfants, qui ne se lassent jamais de les observer, de les attraper, de les fourrer dans un petit seau, ou tout autre récipient, pour poursuivre avec elles leur monologue intérieur.
Là, le projet visait la découverte des "chaînes alimentaires" et de la dépendance qui nous lie les uns des autres :

1- Le rat des moissons mange le blé, si important dans notre alimentation pour fabriquer notre pain quotidien.  Heureusement pour nous, la chouette est friande de ce petit animal.

2- L'escargot bave et englouti les feuilles de nos salades, si fraiches et si croquantes sous notre palais. Mais le hérisson, ami des jardinier, rôde et n'hésite pas à croquer le colimaçon. Ouf ! Saines et sauves les salades.

3- Le doryphore, malgré son joli nom, se trouve être l'ennemi juré de l'amateur de pommes de terre. En un rien de temps, il arrive avec sa troupe vorace et … ne restent que les nervures des feuilles ! Les hommes protègent leur chères "patates" en étouffant les doryphores avec des insecticides.

4- Le merle, beau merle, avec son œil bordé d'or et son joli bec jaune, n'est pas le bienvenu dans nos jardin aux temps des cerises. Il est si rapide pour emporter dans son bec les fruits, à peine mûrs, dont nous voudrions nous  régaler avant lui ! Alors, nous plaçons toutes sortes objets brillants ou bruyants pour l'affoler et l'empêcher de nous "voler".

Pour comprendre ces explications et visualiser les bébettes, les livres ont été d'un grand secours. Ensuite place au travail créatif ! 

Bonjour Raphaëlle !

D'abord elle s'assoie et elle écoute. Sans la connaitre, les lutins ont beaucoup à lui raconter. Puis, avec un plaisir évident, elle parle de son métier : illustratrice. Pour le travail prévu ensemble, elle souligne l'importance de bien organiser ses croquis au brouillon et de réfléchir à la mise en page.


Au bout de trois-quart d'heure, environ, les lutins se lancent au pastel gras sur un grand Canson. Peu d'hésitation. Les couleurs se juxtaposent, bestioles et légumes entrent en scène, l'espace blanc de la feuille devient "jardin", "potager", qu'ils organisent librement, mais avec talent !

Trois petits conseils pour l'utilisation du pastel et on recouvre les couleurs de brou de noix. Le liquide est marron, mais joyeusement la couleur des pastels réapparait. Parfois, il faut un peu gratter …


Attentive, Raphaëlle regarde le travail de chacun. Elle rassure en disant que l'on peut se tromper, transformer quelque chose qui ne nous plaît pas en dessinant par dessus.

Cette artiste-pédagogue se révèle également amusante et drôlement sympa ! Les lutins rigolent et, dans un joyeux brouhaha, ils collent dans leur "jardin" des fleurs, des feuilles, qu'ils avaient fait sécher auparavant. Une belle harmonie de couleurs, vous ne trouvez pas ?!


Enfin, la recette associée à chaque "chaîne alimentaire" est collée dans l'espace prévu au départ. À côté de ce gigantesque doryphore, posé sur une feuille de pomme de terre, ce sera "La patate surprise". On en a préparé avec du jambon blanc et de la ciboulette mélangés à de la crème fraîche … Hum, le régal !

De vrais artistes en herbe, ces lutins, si les petites bêtes ne les mangent pas !


Oh ! Mais qui vient chaparder les cerises ? Nan mais ho !!! Ouste!!!