"Les filles Benzon"- 1897- de Peder Severin Krøyer (1851-1909)

D'emblée, les deux petites filles ont capté le regard de Lily. Avec leurs sourires et leurs robes du dimanche à larges manches bouffantes. Avec, surtout, leurs yeux confiants, dans lesquels se lit l'affection mêlée à la retenue de l'époque.

Son Pépé, vous le savez, était Hollandais et les blondinettes - à une quarantaine d'années de distance- auraient pu être les siennes. La "mère" de Lily, aux joues encore pouponnes et sa "tante", un peu plus grande, un peu plus fière ! Des petites princesses toujours trop bien habillées, avec les cheveux partagés par une raie au milieu et relevés avec un ruban. Deux sœurs à la peau rougie par le grand air et le soleil. Deux petites filles joyeuses, mais déjà presque raisonnables et obligées de poser avec leurs robes de petites demoiselles d'honneur, certainement trop chaudes pour la saison.

En fait, il s'agit de petites danoises. Né en Norvège, d'une mère jugée "incapable", le peintre P. S. Krøyer, fut placé, tout jeune, chez un oncle et une tante à Copenhague. À neuf ans il entreprenait sa formation artistique et à partir de dix-huit ans voyageait dans toute l'Europe pour forger et nourrir sa personnalité au contact des différents courants de l'époque.
À la fin du XIXe siècle, il s'installa dans le nord du Jutland et devient le chef de file de la communauté d'artistes de Skagen, (prononcez Skaine).
De nombreux peintres scandinaves avaient en effet élu domicile dans ce village de pêcheurs pour, au contact de leur vie rude, puiser une inspiration nouvelle. Ils y découvrirent, à la conjonction de la Mer du Nord et de la Baltique, une lumière exceptionnelle, dont le conteur-voyageur Andersen avait déjà répandu les louanges : "Vous êtes peintre ? Alors venez ici, il y a assez de motifs d'inspiration pour vous; c'est ici une scène pour la poésie. […] Skagen vaut qu'on s'y arrête."
Plus de cent ans après, Philippe Delerm  s'émerveille à son tour, dans "Sundborn ou les jours de lumière" aux Editions du Rocher (1996) : "La plage est immense. Le vent soulève les embruns sur la crête des vagues et les disperse vers la côte. A l'horizon, tout parait brumeux, voilé, mais devant soi, la lumière n'en est que plus aveuglante et pure, lavée jusqu'au ciel."

summer-evening-on Skagen beach


Soirée d'été à Skagen. Marie Kroyer et Rap. 1892.

summer-evening on beach at skagen 1899


"Soirée d'été sur la plage de Skagen" 1899

autoportrait
       Autoportraits 1897                                 1903

Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer sur "Peintures, Musique et Poésies".

Et pour voir les deux mers qui se rencontrent, vous pouvez cliquer là.