Goût des pépins de pomme
Une très belle couverture et un éloge savoureux sur les blogs, particulièrement ici et là. De plus le bandeau stipulait que c'était là le phénomène littéraire de 2009 en Allemagne ! Parce que son pépé était né à Düsseldorf et sa grand-mère (décédée très jeune) à Berlin, elle a eu le désir d'y goûter …
"Ce n'est pas un bouquin pour moi !" a d'abord déclaré Chéchet après la lecture de deux chapitres. "Il ne se passe rien. Que des histoires du passé !"
Lily, elle, a voulu persévérer. Elle a bien aimé les passages où Iris, la narratrice, retrouve la maison et le jardin de sa grand-mère, après son décès. Mais elle s'est aussi ennuyée et a abandonné une bonne semaine.
Avec la rentrée, pour la satisfaction d'aller jusqu'au bout, elle a repris le fil des souvenirs de la jeune bibliothécaire Allemande, dans ce roman plein de symbolisme. Et à la dernière page, malgré un certain contentement, elle restait sur sa faim, avec de nombreuses interrogations …
Voilà un roman qui se lit gentiment, comme on vide de vieilles armoires pour en ressortir les robes d'autrefois et les tiroirs pour en exhumer les poèmes de Grand-Père. L'ancienne demeure tout au nord du pays, son jardin empli de myosotis et de pommiers et, quelques coups de pédales plus loin, le lac aux eaux noires, exhalent chacun, page après page, leurs parfums éveilleurs de souvenirs,
Dans le même flot se mêlent alors passé et présent, avec les confidences du vieil instituteur et la rencontre de Max, autrefois dédaigné, dans les jeux d'adolescents. Et bientôt le récit vire au doux-amer, au fantastique ou au rocambolesque, jusqu'au tragique, approché de façon concentrique.
Le pommier, qui se joue des saisons pour refleurir ou carrément donner des pommes en juin, se révèlera le lieu de plusieurs chutes, de scènes d'amour et inévitablement de mort. Symbole du désir, de la confusion, de la perte de mémoire, et peut-être enfin de la simplicité retrouvée … Celle que l'on éprouve devant un alignement de pots de confiture,
Alors pourquoi rester sur sa faim ?
Froideur des personnages ? Mais nous sommes dans un pays nordique …
Accumulation de sentiments ? C'est vrai que parfois Lily saturait devant l'imbroglio de tous ces émois et drames féminins, de la jalousie à l'avortement, de l'abandon à tout ce qui s'ensuit et qu'il ne faut tout de même pas dévoiler.
Mais il n'y a, évidemment, pas que cela. Il faut creuser un peu. Parce que l'essence du roman ne se livre pas aisément. D'emblée, nous avions été prévenus. La narratrice, bibliothécaire à l'université de Fribourg - là où précisément Heiddeger en 1933 licenciait les professeurs juifs - a perdu le goût de lire. "La vérité est proche de l'oubli", pense-t-elle. Alors si elle reconstitue lentement ce qui a conduit aux drames de trois générations de femmes, c'est peut-être finalement pour atteindre une vérité qui la rendra libre pour le futur.
Katharina Hagena est une linguiste Allemande. Ne croyez pas que cela n'a pas d'importance. Vous vous souvenez : "Phénomène littéraire en Allemagne" …
Au final, un beau récit pittoresque, drôle et sentimental, où l'on trouve une réflexion subtile sur la maladie d'Alzheimer, la guerre, le nazisme, et qui apporte un éclairage original sur les souvenirs et la Mémoire.
Commentaires
Je l’avais noté mais ce sera pour plus tard
Merci Lily pour cette découverte, je ne connaissais pas et tu m’as donné envie de le lire. Tu es mitigée et j’ai envie d’en savoir plus sur cette auteur et ce qu’elle écrit. D’abord je dois finir ce que j’ai commencé.
Douce soirée et bonne semaine
Bises
Pas le temps de lire, pffff…bisou lily, bonne fin de dimanche…
Tu m’as donné envie mais en même temps tu me fais hésiter… je vais voir si je le trouve à la biblio…
Bonne semaine chère Lily… Bisous
Merci pour ta visite.
Belle soirée
Les quelques lignes que je peux lire semblent être très bien écrites… La couverture de ce livre est très belle, tu m’as donné envie de le lire ma Lily ou pas… On verra alors !
Je comprends mieux pourquoi les pommes maintenant !
Coquine va ! Je n’ai pas pensé à venir voir tes pages comme j’y étais déjà passées le matin…
Bisous ma Lily ! Belle journée !
Pour finir, j’ai commandé le livre hier… Je ne sais pas quand je le lirai car la pile de livres à lire est tellement haute et j’en ajoute encore et encore !…
J’aimerai avoir deux têtes pour pouvoir en lire d’avantage…
Gros bisous et belle journée ma douce Lily !
T’inquiète jeudi, je serai à Toulouse avec mon Nikon … et ensuite je pars quelques jours, chez p’tit pépère, yes ! bise lily, bon après midi …
Au final un avis plutôt mitigé, non ? J’ai moi aussi craqué pour le sujet et la couverture magnifique mais je n’ai pas encore eu le temps de le lire (comme tant d’autres…) mais ça viendra… Bises
J’ai eu le même sentiment mitigé à sa lecture, et quant à réflèchir aux strates inférieures du récit… je suis sceptique. Si tous les tenants et aboutissants ne se dévoilent pas pendant la lecture, c’est un peu dommage non ?
Alors ? Il est planté ce phlox Chéchet ? :D
Tu vas te régaler ma Lily quand tu sentiras son parfum !
On en mangerait !
Gros bisous ! Bel après-midi ma Lily !
Bonjour Lily,
Le petit chat des bois n’a plus donné signes de vie. On s’inquiète. Peut-être est-il assez dépité pour ne plus poursuivre sa fabuleuse aventure. On aimerait bien qu’il nous la continue.
Je reviendrai chez vous pour une visite plus longue.
Voici un livre que je vais m’empresser d’aller feuilleter…pour l’offrir sans doute à mon expatriée, friande de lectures en tout genre!
Bonjour Lily, je découvre ton avis un peu mitigé - mi-figue, mi-raisin pour rester de saison… concernant le début du roman, j’ai eu un peu le même à-priori, un peu lent au départ, il ne se passe pas grand chose, je pense qu’il ne faut pas le lire par petites touches, sinon on n’adhère pas. Je l’ai lu assez vite, pendant mes vacances, et j’ai beaucoup aimé cette atmosphère intimiste, familiale. Je crois même que je le relirais volontiers une deuxième fois, pour mieux m’en imprégner, ça fait des années que je n’ai pas relu deux fois le même livre.
Je te souhaite un beau week-end sous la douceur angevine automnale qui se profile,