Or du temps, poésies d'Automne !
Lorsqu'elle ne se heurte pas à un cœur fermé, la poésie émanant d'un texte peut nous émouvoir un instant. Imaginez qu'elle nous accompagne un long temps, plusieurs dizaines d'années, ou encore toute une vie !
Au début de sa vie de "Maitresse", avec des petits, Lily a découvert ces vers de Lucie Delarue-Mardrus, dont la rythmique, à la fois douce et sautillante, s'est imprimée dans sa mémoire.
L’automne
On voit tout le temps, en automne,
Quelque chose qui vous étonne,
C’est une branche, tout à coup,
Qui s’effeuille dans votre cou.
C’est un petit arbre tout rouge,
Un, d’une autre couleur encore,
Et puis, partout, ces feuilles d’or
Qui tombent sans que rien ne bouge.
[…]
Lucie Delarue-Mardrus (1874-1945)
Elle a aimé répéter ces deux strophes, avec de nombreux enfants, en classe bien sûr, mais aussi lors de balades avec des petits neveux ou nièces. Elle s'en souvient comme d'une belle complicité, avec des éclats de lumière au fond des yeux !
Lors de l'opération du cœur de Fils-cadet, autour de ses cinq ans, lorsqu'elle lui tenait compagnie en salle de réanimation, elle a récité les vers, et bien d'autres encore, comme une chanson douce qui traverse le temps et les inévitables tourments. Bloquée dans un télésiège, les pieds pendant au-dessus d'une vingtaine de mètres de vide, la poésie est venue spontanément se poser sur ses lèvres. Et la nuit, parfois, lorsque le sommeil ne veut pas d'elle, elle trouve un apaisement, sous ses draps, en murmurant quelques vers encore. Odes à la nature et aux saisons, petites musiques mélancoliques ou joyeuses, Or du temps, impérissable…
Sortie de vendredi après-midi au "P'tit bois".
Monsieur Automne
[…]
Je connais bien Monsieur Automne
Son parfum de vent et de pomme,
Une main froide, l’autre chauffée
Au dernier souvenir d’été
Monsieur Automne n’est pas triste.
Hier, je l’ai vu en artiste
Repeindre les bois en couleurs,
Du brun d’écorce au rouge cœur.
Commentaires
Bonjour Lily,
Je suis tout ému en lisant le poème de Lucie Delarue-Mardrus.
Ses poèmes ont bercé mon enfance ! Beaucoup de souvenirs me reviennent. Je ne dis plus rien sinon de vous inviter à l’adresse de l’article que je lui ai consacré et vous comprendrez pourquoi.
http://zephyron.blogspot.com/2010/0…
Tellement confus que j’ai oublié la balade des bambins à travers les bois, un jour d’automne : la saison où la vie semble prendre fin.
À l’automne, toutes les vies reviennent à la terre pour donner quelques mois plus tard naissance à de nouvelles vis : le cycle des saisons.
C’est pour cela que la Nature se pare de ses couleurs les plus chatoyantes !
Couleur or !
C’est vrai que cette année la nature nous a gâtés de toutes ces belles couleurs d’automne et c’est vrai aussi que la poésie accompagne des moments de vie et heureusement pour certains moments c’est apaisant !
Bises Lily
Oh oui, mon cœur est grand ouvert aux trésors que nous offre la poésie … Elle fait partie de ma vie à chaque instant, à chaque saison …
Pour mes lutins, cette année, ce sera :
L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Quelle joie chez les feuilles !
Elles valsent au bras
Du vent qui les emporte.
On dit qu’elles sont mortes,
Mais personne n’y croit.
L’automne au coin du bois,
Joue de l’harmonica.
Maurice Carême
Bisous jaune d’or
“Tombent les feuilles rouges …
Tombent les feuilles d’or …
Dans la forêt,
dans le jardin,
C’est l’automne ce matin !!”
Voici celle que j’utilise avec mes 30 souriceaux … petits, petits, petits !
Que j’aime cette saison … au milieu de toutes ces feuilles … comme une petite obsession pour moi !
À bientôt, natur’Lment.
une poésie comme une madeleine …
(les photos sont magnifiques)
Je me suis permise de te taguer !
Bises bon jeudi Lily !
Jolie poésie sur des couleurs d’automnes très très belles … bis lily, bon après midi …
Très belle cette poésie !… C’est drôle qu’il y en a toujours une qu’on n’oublie jamais … Moi, c’est “Prière du petit enfant nègre” … elle m’a beaucoup marquée et je ne saurais dire pourquoi !
“Seigneur, je suis très fatigué
Je suis né fatigué.
Et j’ai beaucoup marché depuis le chant du coq
Et le morne est bien haut qui mène à leur école.
Seigneur, je vous en prie, que je n’y aille plus!
Je veux suivre mon père dans les ravines fraîches
Quand la nuit flotte encore dans le mystère des bois
Où glissent les esprits que l’aube vient chasser.
Je veux aller pieds nus par les rouges sentiers
Que cuisent les flammes de midi
Je veux dormir ma sieste au pied des lourds manguiers,
Je veux me réveiller
Lorsque là-bas mugit la sirène des blancs
Et que l’Usine
Sur l’océan des cannes
Comme un bateau ancrée
Vomit dans la campagne son équipage nègre …
Seigneur, je ne veux plus aller à leur école,
Faites, je vous en prie, que je n’y aille plus.
Ils racontent qu’il faut qu’un petit nègre y aille
Pour qu’il devienne pareil
Aux messieurs comme il faut.
Mais moi je ne veux pas
Devenir comme ils disent,
Un monsieur de la ville,
Un monsieur comme il faut.
Je préfère flâner le long des sucreries
Où sont les sacs repus
Que gonfle un sucre brun autant que ma peau brune.
Je préfère, vers l’heure où la lune amoureuse
Parle bas à l’oreille des cocotiers penchés,
Écouter ce que dit dans la nuit.
La voix cassée d’un vieux qui raconte en fumant
Les histoires de Zamba et de compère Lapin,
Et bien d’autres choses encore
Qui ne sont pas dans les livres.
Les nègres, vous le savez, n’ont que trop travaillé.
Pourquoi faut-il, de plus, apprendre dans des livres
Qui nous parlent de choses qui ne sont pas d’ici?
Et puis elle est vraiment trop triste, leur école,
Triste comme
Ces messieurs de la ville,
Ces messieurs comme il faut
Qui ne savent plus danser le soir au clair de lune,
Qui ne savent plus marcher sur la chair de leurs pieds,
Qui ne savent plus conter les contes aux veillées.
Seigneur, je ne veux plus aller à leur école!”
-Guy Tirolien-
Une belle balade en forêt pour ramasser les feuilles pour les coller dans les cahiers … Les petits lutins ont dû adorer s’y promener !
Bel après-midi Lily !
Ici c’est la tempête et la pluie !
merci pour ces souvenirs qui nous font enfiler nos bottes en caoutchouc et courir faire flic floc dans les flaques.
“La prière de l’enfant nègre” est encore en bordure de mémoire, c’était en 6 ème et je l’avais récitée dans un souffle devant toute la classe.
Bonne journée, tempête et pluie ici aussi…
Quelle chance d’arriver à retenir des poésies et à se les réciter le moment voulu ! Je n’ai pas cette faculté à mon grand regret. J’aime ce poème tout simple. “La prière de l’enfant nègre” moi aussi m’avait beaucoup émue quand je l’ai lu pour la première fois.
Tu as raison l’automne est le printemps de l’hiver ! Je ne trouve pas cette saison triste avec toutes ces couleurs extraordinaires, que j’attends chaque année avec bonheur pour m’en mettre plein les mirettes ! Tes photos sont très, très belles et représentatives de ces couleurs chaudes. Je me serais bien glissée parmi tes lutins !
J’admire ces gens qui sont capable d’aligner des mots pour en faire quelque chose de beau et d’émouvant, quelque chose ou la musique vient d’elle même. Merci pour cette symphonie de mots.
Belle journée
la poésie adoucit la vie … en tout cas elle a adouci la tienne … c’est très émouvant ces petits liens entre les poèmes et les moments …
Merci d’ouvrir l’esprit de nos enfants et de leur faire découvrir de beaux poèmes…. Quelle émotion et quelle joie d’entendre ces 2 jolies strophes de Lucie Delarue-Mardrus dans la bouche de mon lulu …..