Le mariage de Gauvin
Femmes, mystères, désir, secret … Quel est donc le plus grand désir des femmes ?… Voilà la question “impÔrtante”!
Avec Patrick Hétier - merveilleux papy-conteur Angevin - transportons-nous en un saut de biche, au pays du Roi Arthur en ces temps anciens qu’on appelle le Moyen-Age. De belles découvertes à y cueillir pour celui qui sait tendre l’oreille, lire entre les branches … Et pour le meilleur à la fin, revenez dimanche, dès potron-minet ou en soirée. Maintenant, à cette heure, laissons- nous emporter par le souffle et le verbe du conteur …
“Dans la grande allée de la forêt d’Inglewood le Roi Arthur galope à perdre haleine couché sur l’encolure de son cheval bai. Depuis le point du jour, il traque un superbe cerf blanc qui le nargue sans répit …
À chaque instant il pense l’atteindre quand, d’un écart inattendu, la bête lui échappe et plonge dans les fourrés avant de resurgir un peu plus loin, un peu plus loin, toujours un peu plus loin.
Le Roi Arthur a semé depuis belle lurette les chasseurs et les meutes de chiens qui l’accompagnaient et, bien que la nuit commence à tomber, il s’acharne de plus belle.
Parfois le cerf qui a pris une belle avance, s’arrête brusquement au milieu de l’allée et se retourne d’un coup, le regardant fixement comme pour dire :
- Alors, tu viens ?
- Oui, oui, j’arrive ! j’arrive !
Quand voilà que tout à coup son cheval se fige sur la rive d’un marais où le cerf vient de disparaître. Et alors, là-bas - là-bas sur l’autre rive – se dresse la haute silhouette noire d’un cavalier en armes, immobile sur son cheval sombre.
Silence, silence de mort …
- Holà, Arthur Pendragon, attendez-moi je vous prie !
Et le Roi reste là, figé de stupeur, tandis que piaffe et s’énerve son cheval …
C’est alors que se rue l’étrange cavalier noir à un galop d’enfer, dans des gerbes d’écume blanche et de vase noire, il s’arrête à quelques pas du ROI et pointe sur sa poitrine une longue lance à la pointe acérée.
(Malheur de malheur ! Le Roi a laissé Excalibur, sa glorieuse épée, au château de Kaamelot)
- Je vous tiens ! Je vous tiens enfin, Arthur Pendragon, grand Roi de toutes les Bretagnes.
Vous tremblez ? Vous tremblez, grand Roi de toutes les Bretagnes ?
Tenez, je vous laisse une chance – une chance de sauver votre Royaume et votre Âme – si et seulement si vous me jurez de revenir dans huit jours, porteur de la réponse à la question qui me tracasse depuis si longtemps :
Quel est, mais quel est donc le plus grand désir des femmes ?
Et le cavalier disparaît dans un éclat de rire tonitruant.
Ainsi s’en retourne le Roi, assailli des mille réponses qui lui viennent :
- Être tendrement aimées – oui, bien sûr – Mieux encore : être préférées ? - Belles ? - Désirables ? - Désirées ? - Donner vie à des enfants adorables, adorés ? - Être parées de vêtements somptueux ? - De bijoux féeriques ? - Sentir bon ? - Plaire à Dieu ?
Et – de supposition en supposition – s’avance le Roi, s’annonce enfin le jour. Mais est-ce bien à lui de trouver réponse à si féminine énigme ?
Au soleil levant, le Roi regagne enfin Kaamelot.
Et là, il questionne tour à tour fermière ou bergère, cuisinière ou boulangère, tisseuse ou fileuse. Mais les réponses sont si variées qu’elles finissent d’embrouiller le fil de ses pensées :
- Femme qui a bon trousseau tient logis propre et beau
- Femme qui sait cuisiner garde époux au foyer.
- Femme qui économise mène vie à sa guise.
- J’ai désir en mon cœur bien plus beau qu’une fleur, chantonne une jeune bergère.
Il s’agit là de vertus plutôt que de désirs – songe le Roi déçu. Enfin entré dans sa demeure, il s’en va trouver Guenièvre, sa Reine bien-aimée, et lui demande au pied levé :
- Ma Dame, pourriez-vous m’indiquer quel est le plus grand désir des femmes ?
Et là, sans hésiter, ainsi répond la Reine :
Pour chaque heure du jour solide fidélité
Qui transforme l’amour en si belle amitié.
Chaque nuit sur sa couche le Roi se tourne et se retourne :
Beauté … Amour … Santé … Richesses … Fidélité … Rêver … Enfanter ???
Sept jours, sept nuits, à tourner, retourner, labourer ses pensées.
Quand arrive le Jour, c’est alourdi d’un grand souci qu’Arthur reprend, très inquiet, le chemin de la forêt. Or, voici qu’à peine entré sous le couvert des arbres, un grognement insolite le fait sursauter : grognement ou gémissement ? Ce n’est pourtant point là le bruit d’une bête ! Et ce gémissement est aussitôt suivi d’un appel étouffé, comme un souffle qui meurt :
- Arthur Pendragon, que cherches-tu donc ?
Le Roi arrête son cheval, met pied à terre, avance de quelques pas. Et, au pied d’un chêne centenaire, il distingue une masse de chiffons rouge-vif d’où émerge le masque hideux d’une vieille femme - comme un masque de mort - et, de cet amas de loques et de chairs décrépies, s’échappe une odeur pestilentielle – alors que les doigts griffus de ce monstre sont couronnés de bijoux précieux et rutilants.
Alors, sans regarder le Roi, ce lambeau de femme éructe :
- Arthur Pendragon, d’où vous vient cet air désolé ?
- Pour sauver mon Royaume et mon âme il me faut résoudre une énigme vertigineuse.
- Ne savez-vous donc pas encore, Arthur Pendragon, que toute vie est une énigme ? Allons, posez donc votre question :
Quel est, mais quel est donc le plus grand désir des femmes ?
Aussitôt, d’un signe de la main, le monstre invite le Roi à s’approcher et il s’accroupit et se penche pour écouter le murmure du secret …
Mais dès que le Roi s’est redressé, il entend :
- Et maintenant, en remerciement, promettez-moi de m’offrir en mariage le plus jeune et le plus beau de vos Chevaliers ! Sinon, au bout de trois pas, ma réponse vous échappera.
- Eh bien promis juré ! lance le Roi sans hésiter. Vous prendrez le plus jeune et le plus beau de mes Chevaliers en échange du secret révélé …
… À suivre dimanche …

Edmund Blair Leighton - 1853-1922
“God speed” (Dieu te protège) - Huile sur toile -
Appréciez la finesse de ce tableau !
Commentaires
J’adore …
Merci pour ce conte merveilleux et si … moderne finalement ! sourire
Ah, tu attends que je te donne ma réponse ?
Attends un peu … sourire
Ah quel suspense attendre jusqu’à dimanche …
Rhooo !
J’aime ce conte et j’adore Arthur !
Bonne journée Lily !
Bonjour Lily,
… Mais quel est donc ce plus grand désir ? Question intrigante !
Gentiment, patiemment, comme vos chérubins, nous attendrons le prochain épisode.
“L’attente est en proportion du bonheur qu’elle prépare.”
Alors, j’attendrai, j’attendrai…ton retour…
Vivement dimanche ;-))
En attendant, bonne journée ma Lily !
Ah mince, il va falloir attendre 7 jours pour connaître le plus grand désir des femmes! Cela va me sembler 7 mois…
Ah ben non !!! Pourquoi ça s’arrête ???
Bon je fais court alors pour te laisser finir la suite, sinon dimanche, tu vas nous dire que tu n’as pas terminé par ma faute :)
Bisous Lily, bon samedi !
super bon samedi Phil
Message de la sœur de Flo de Sendaï que je vous retransmets
excusez le copié/collé mais je souhaite informer
les 145 personnes qui sont venues sur mon blog
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j’ai enfin réussi à contacter la cellule de crise de Tokyo.
Émilie et Florence sont répertoriées : “localisées et indemnes”
On n’a pas pu me dire de qui venait l’information, pas d’elles en tout cas
peut être du directeur de l’Alliance française à Sendaï
Les communications étant toujours coupées,
il leur est probablement impossible
d’entrer en contact avec nous.
Pourvu que pour Toshiyuki les nouvelles soient bonnes (son époux)
MERCI pour vos mail ô combien appréciés dans cet horrible moment
et mille disculpas pour les nouvelles contradictoires
Biz bon weekend
Cette histoire est très belle, bon week-end
le plus grand désir des femmes ? ..je cherche, çà dépend quelles femmes.
j’aime le Moyen-Age…
Que j’aime me laisser emporter par ce genre d’histoire ! Le plus grand désir des femmes ? Alors là ! Je donne ma langue au chat et je file lire la suite…