En lisant un billet ici, d’emblée et parce que c’était les vacances, elle a eu le désir d’aller voir le film “Tous les soleils” pour le bonheur qui semblait s’en dégager, mais surtout pour l’auteur qu’elle rêvait de connaitre davantage. Bingo sur les deux tableaux !

Tous-les-soleils1 D’origine italienne, Alessandro, vit avec sa fille de 15 ans à Strasbourg. Professeur de musique baroque à l’Université, il est  veuf depuis plus de dix ans.

Sa vie semble pourtant assez heureuse et bien remplie. Entre sa fille, pour qui il veut se montrer un père parfait, et son frère artiste peintre, rebelle à Berlusconi et complètement immature, il a le sentiment de jouer un très important rôle protecteur. De plus, entouré d’amis - sympathiques lurons amateurs de bon vin et de littérature - et engagé dans des activités culturelles - chorale et  lecture aux malades à l’hôpital - il n’a pas vraiment le loisir de s’ennuyer.

Pourtant régulièrement la vision de sa femme, morte dans un accident, le hante.

Et si, à travers les revendications de sa fille, le côté déjanté de son frère, et quelques autres évènements, il découvrait l’importance de sa faille intérieure …

Une  histoire bien construite, qui reste longtemps accrochée à la mémoire tellement elle est drôle, émouvante et pleine de charme. Sans pathos, avec pudeur, justesse et légèreté !

Tous-les-soleils2

Un excellent passage du film avec Luigi (Néri Marcoré) et Irina (Lisa Cipriani) complices.

La musique - tarentelles et chants que l’on peut retrouver ici : La tarentuella-Antidotum tarentulae, (particulièrement les plages 06 et 10) est évidemment très présente, gaie, entrainante, lyrique, envoutante … Mais le grand attrait du film réside, sans conteste, dans le jeu des acteurs, tous épatants et plus vrais que nature. Mention spéciale au frère d’Alessandro, Luigi, incarné par Néri Marcoré, inoubliable !
Avec ses canaux et ses monuments célèbres, la ville de Strasbourg ne demeure pas en reste. Bien plus qu’un simple décor, magnifiée et symbolique, elle joue brillamment, elle aussi, son rôle de capitale Européenne.

Une belle invitation au bonheur à partager avec ses ados - La fille de Lily a adoré ! - et à prolonger par la lecture de quelques poèmes :

Les Yeux d’Elsa

Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire
J’ai vu tous les soleils y venir se mirer
S’y jeter à mourir tous les désespérés
Tes yeux sont si profonds que j’y perds la mémoire

À l’ombre des oiseaux c’est l’océan troublé

Puis le beau temps soudain se lève et tes yeux changent
L’été taille la nue au tablier des anges
Le ciel n’est jamais bleu comme il l’est sur les blés

Les vents chassent en vain les chagrins de l’azur

Tes yeux plus clairs que lui lorsqu’une larme y luit
Tes yeux rendent jaloux le ciel d’après la pluie
Le verre n’est jamais si bleu qu’à sa brisure […]

Louis Aragon

Extrait de “Les Yeux d’Elsa”

édition Séghers.

Silenzio d’amuri

Je t’ai aimée dès le berceau,
Je t’ai donné de la douceur miette après miette
Silence d’amour qui coule dans les veines,

Il n’est possible de te quitter.
Ne pleurez pas vous, les oliviers :
L’amour et la tendresse viennent de loin […]

Alfio Antico

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