Flambé sur le seringa
“Les papillons sont indispensables à l’homme. Pas seulement pour les services qu’ils rendent, ou leur importance dans les écosystèmes : ils sont aussi l’incomparable petite touche de couleur qui redonne espoir dans le printemps et nous appelle à rêver.”(Noé conservation) Et pourtant, en Europe …” l’abondance des espèces de papillons vivant dans les prairies a été réduite de moitié en 14 ans.”(id)
Alors, quand Lily, près d’un seringa tout parfumé, aperçoit virevoltant, un Flambé, elle est ravie. Toute joyeuse ! Elle a son APN dans la poche et elle sait qu’elle va capturer l’insecte un peu fou. Il est là, non là ! Zut, raté ! Il est parti … Ah, il revient, se pose à nouveau, Sapristi, encore parti ! Mais qu’est-ce qu’il a à voler sans cesse ? Pourquoi ne se pose-t-il pas un peu ?
Bon, là, elle va l’avoir dans sa petite boite magique qu’elle aime … Non ! Encore envolé-disparu ! Elle lève la tête, la tourne dans tous les sens, scrute tristement l’azur, espère vaguement un retour … Elle apprend la patience. Et soudain, alors qu’elle n’y croyait plus, alors que tout de même elle l’attendait, son Flambé revient, virevoltant, léger, en arabesques interminables et imprévisibles.
Elle se dit qu’elle aime ça, que cette rencontre est vraiment une joie, même si elle ne l’immortalise pas en photo. L’important est le temps qu’elle a passé avec son Flambé, l’espace qu’elle lui a libéré dans son intériorité. Puis tout d’un coup, CLIC ! CLIC ! CLIC !… Il était tout près posé sur les pétales du seringa … Juste pour son plaisir ! Sa joie !
Le papillon
Naître avec le printemps, mourir avec les roses,
Sur l’aile du zéphyr nager dans un ciel pur ;
Balancé sur le sein des fleurs à peine écloses,
S’enivrer de parfums, de lumière et d’azur ;
Secouant, jeune encor, la poudre de ses ailes,
S’envoler comme un souffle aux voûtes éternelles ;
Voilà du papillon le destin enchanté :
Il ressemble au désir, qui jamais ne se pose,
Et sans se satisfaire, effleurant toute chose,
Retourne enfin au ciel chercher la volupté.
Alphonse de LAMARTINE (1790-1869)Extrait de ” Méditations “
La chenille et le papillon
Le travail mène à la richesse,
Pauvres poètes, travaillons !
La chenille, en peinant sans cesse,
Devient le riche papillon.
Guillaume Apollinaire
Commentaires
Seringat
“Philadelphus est un genre de plante de la famille des Hydrangeaceae.
C’est le genre des seringas ou seringats. Ce sont des arbustes à fleurs. Le nom « seringa(t) » vient d’une utilisation ancienne qui consistait à évider les tiges de leur moelle pour en faire des seringues.
L’espèce la plus connue est sans doute Philadelphus coronarius.”
Moi je mets le t à la fin, les deux orthographes sont bonnes !
Seringat papillon
Tu m’ouvres des vers-tiges
Sur les ronds de ton vol
Je m’enrêve et m’enivre …
Bisous déposés sur les ailes amies
Quelle chance d’avoir pu “saisir” cet insecte si peu coopératif quand on voudrait le capturer photographiquement parlant! Qu’ils sont beaux les vers de Lamartine, lus dans notre val lamartinien! A bientôt, natur’Lment.
La fleur, le papillon, le papillon, la fleur : comme frère et soeur !
Ah, ces belles photos ! Tu sais combien je suis sensible aux belles images que nous offre la nature… Avec en prime les mots des deux grands, Lamartine et Apollinaire, on n’aurait guère pu faire mieux :)
Pas évidente à prendre cette photo! Bravo! J’aime aussi beaucoup ces deux poètes… Pour mon aphorisme, bien sûr qu’il est de moi! Petit à petit j’en constitue un recueil pour plus tard…
Bises
Splendides photos issues de la patience ! Mais quelle belle récompense ! Ce papillon porte si bien son nom ! Pour le moment je n’en ai pas encore aperçu dans le jardin hélas :( Je ne connaissais pas ce poème de Lamartine, un bonheur de le découvrir ! Il me plaît tellement que je le note dans mon agenda. J’aime y mettre des petites phrases, des poèmes pour les jours sans. En même temps j’écoute l’Ave Maria - Cassini - par Inessa Galante. Après une journée longue et difficile, cela me permet de me recentrer et de me régénérer pour une autre longue journée demain.
Je t’embrasse avec toute mon affection
Bonjour Lily,
Le papillon naît et meurt avec le printemps.
Emprisonné dans son étroit cocon,
À la lumière du printemps, il apparaît ;
Jaillissant des entrailles de la Terre,
Il batifole, s’enivre de liberté
Puis soudain disparaît.
Vie de plaisir éphémère,
Mais sans lui, point de fruit,
Point de vie.
Tel est sa destinée !
Il entonne avec les fleurs
L’hymne à la joie, au bonheur,
La symphonie de la vie et des couleurs.
Le poème de Lamartine est merveilleusement adapté pour illustrer par les mots la beauté de tes photos…magnifique ce “flambé”…
Les papillons sont, à mon avis, l’exemple parfait de l’éphémère et les contempler nous fait comprendre l’impermanence de toute chose…
Bises flamboyantes ! Michèle
flambé au contraire est tres cooperatif pour se faire tirer le portrait même de près le plus difficile à attrapper dans la boite est colias crocea avec un vol vif ,saccadé ne se posant que rarement .