Ce Bouquet des trois feuilles d’or, essayez de l’effeuiller à voix haute … Vous serez surpris par sa mélodie et l’étendue de sa portée. C’est le poème de la richesse et du détachement, une ode aux éléments et à la marche, une révélation du monde et de l’hêtre, pour celui qui s’est simplifié de l’intérieur.

Trois-feuilles-d'or

Je n’ai rien

Que trois feuilles d’or et qu’un bâton

De hêtre, je n’ai rien

Qu’un peu de terre à mes talons,

Que l’odeur du soir en mes cheveux,

Que le reflet de la mer en mes yeux,

 

Car j’ai marché par les chemins

De la forêt et de la grève.

Et j’ai coupé la branche au hêtre,

Et cueilli en passant à l’automne qui dort

Le bouquet des trois feuilles d’or.

 

Henri de Régnier
(1864- 1936)