C’était la première fois qu’elle se rendait chez ce couple d’amis habitant un magnifique chalet face au Mont Blanc. François était venu la chercher à la gare et tout de suite la conversation s’était établie, simple, chaleureuse et détendue. Arrivés à son domicile, ils s’étaient attardés à admirer la lumière sur les monts et les aiguilles du Massif, puis, après un tour du jardin, ils s’étaient installés dans le séjour pour boire et grignoter en attendant quelques autres amis. Comme c’était une fin d’après-midi estivale, la boisson était fraîche, mais son attention s’est surtout portée sur le plateau de petits fours soudainement placé sous ses yeux. Au milieu d’un assortiment sucré, une jolie petite friandise rose, ronde et bien lisse venait de lui faire de l’œil. Elle avait déjà aperçu cette petite chose charmante quelque part, mais sans en connaître alors, ni le nom, ni le goût. Hop, petit mouvement du plateau à la main, de la main à la bouche et … Crac sous la dent ! Huum !… Quel délice ! Quel moelleux sous la fine coque craquante ! Un instant de pur bonheur ! Elle venait tout à la fois d’engloutir en une petite bouchée, la majesté du Mont Blanc, l’harmonie du chalet entouré de son jardin et l’amitié simple et chaleureuse de son hôte … Merveille en sa mémoire !

De retour en Anjou, elle n’eut qu’une hâte : retrouver ces petites friandises friponnes pour les partager en famille. Mais là, hic, elle s’aperçut qu’elle n’en dégusterait pas aussi souvent qu’elle le désirait … Le prix, hélas, le prix !

Bah, qu’importe, elle les ferait elle-même, ces macarons !…

Elle entendit alors divers avis, comme quoi on pouvait être “damné du macaron” (ne jamais les réussir) ou au contraire comme quoi un petit macaronage de temps à autre pouvait se révéler très agréable, à conditions d’avoir le matériel adéquat, du temps devant soi et un peu de minutie et de patience. Elle acheta alors une poche à douille, puis plus tard une balance de ménage; sa grande ado lui offrit même un livre de recettes. Mais, d’année en année, elle repoussait toujours le moment de se lancer dans la fameuse opération dont les unes ou les autres disaient tant de bien ou de mal.

Lorsqu’il a été question de préparer un pot en l’honneur de sa petite-fille avec ses collègues, sa fille aînée lui a suggéré : “Des macarons, ce serait sympa.”

Macarons

Belle complicité lors de la préparation !
Résultat très honorable pour une première fois ;
Elle sait qu’elle recommencera avec plaisir !

macarons2

Les meilleures nourritures sont toujours préparées à base d’amour, d’amitié et de beaux souvenirs.