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Pourquoi un tel emplacement en haut d’une rue fréquentée surtout par les automobilistes ? Et pourquoi ce bras tendu dans une direction improbable ?…

Interrogative et songeuse devant ce nu féminin dont la belle facture lui évoquait François Cacheux (décédé en août 2011), Lily a tourné plusieurs fois autour du rocher et de sa nymphe.

Une cavité sombre et humide permettait d’imaginer un lien entre la femme et le mystère des choses cachées, entre la femme et l’eau et bien sûr l’origine de la vie.

Par la fleuriste, juste à côté en haut de la Grande Rue, Lily a appris que ce bronze monumental avait été installé en 1994, sur la requête de l’ancien maire de la ville, une femme. Qu’il y avait eu polémique à ce sujet dans les rangs de l’opposition …

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Fascinée et curieuse, Lily a cherché à en savoir plus en joignant par téléphone Madame B. maire de 89 à 95. Une conversation agréable et instructive s’est en suivie :

“Cette statue correspond à une demande du conseil municipal de l’époque. Nous souhaitions rétrécir la rue pour plus de sécurité, et élargir le trottoir. Comme les conduites d’eaux usées étaient abîmées, il fallait revoir et modifier tout l’aménagement.
Nous avons alors contacté Monsieur Murail, sculpteur à Challans. J’aimais et j’aime toujours beaucoup son talent, ses statues à Saint Jean de Monts et ailleurs.
Nous lui avons demandé une œuvre en relation avec l’eau. En effet, elle devait s’écouler jusqu’au bas de la rue, mais nous avons été critiqués. Maintenant le circuit d’eau est bouché, il ne reste plus que de la terre, de la végétation et cette belle statue, dans la lignée des nus de Rodin ou de Maillol. Nous avons tant besoin de beauté !”

(Madame Briand s”exprime aussi sur Ouest-France)

Henry Murail, joint à son tour, a cherché quelques instants le nom de l’œuvre dans sa mémoire : “Elle s’appelle … La source, je crois, mais je n’en suis plus très sûr.” Il a ajouté : “Oui, vous pouvez la mettre sur votre blog, pour faire aimer la sculpture !”

L’artiste s’est éteint dimanche dernier … Pour rejoindre ses grands maîtres. Pour sculpter l’infini !

Un sentiment d’harmonie, de légèreté,
De sensualité et de plénitude
S’installe chez celui qui, d’un œil amoureux,
Contemple ses bronzes.

Souffle d’un printemps
Où les oiseaux viendraient
Se poser sur nos bras.