L'été enfin !
“Avec l’été la chaleur revient,
et avec elle des souvenirs, des sensations et des images.”
Veronica Ray
“Lorsque j’étais enfant, l’été représentait pour moi des matinées entières passées à dormir suivies d’après-midi secrets où je me réfugiais dans les branches fraîches d’un arbre voisin de la maison pour me plonger avec bonheur dans les pages d’un livre. Avec les copains, nous faisions et refaisions le tour du pâté de maison à vélo sans but précis stoppant selon notre bon vouloir, juste pour le plaisir. Nous tentions de cuire des œufs sur les trottoirs chauffés à blanc par le soleil ou bien nous faisions la course en maillot de bain sous la pluie. Nous attrapions des lucioles et retenions prisonnières les chenilles avec l’espoir - toujours déçu d’ailleurs - qu’elles se transformeraient devant nous en papillons. Bien plus, l’été c’était d’abord et avant tout le jardin de ma grand-mère, les effluves des plants de tomates, de basilic et de menthe; c’était le plaisir de crever les pois de senteur qui grimpaient sur la treille par-dessus le banc que mon grand-père avait lui-même fabriqué. Celui aussi d’engloutir le sandwich aux poivrons frits et la glace italienne au citron, paresseusement allongés sur une couverture au fond du jardin.”
“L’Art du Jardin Zen”, Veronica Ray (p 50-51) Edition La Table Ronde
Sans être ni jardinière ni zen, Lily adore se plonger dans ce rafraîchissant petit bouquin qui, en de courts chapitres à l’écriture limpide, offre une véritable poésie de la patience et de l’amitié envers la terre et notre environnement proche. Veronica raconte ses intuitions, puisées dans la tradition zen ou humaniste, mais aussi ses expériences et ses déboires. Un délicieux mélange de ciel et d’humus ! A lire et relire sans modération, pour peu que l’on ne recherche pas un ouvrage pratique, mais que l’on aspire à un grand bol d’air pur et de simplicité heureuse.
C’était comment vos “après-midi secrets” à vous ? Des livres, un vélo, des cousins ? Et le jardin de Grand-mère ? Des effluves, des pois de senteur, des chenilles, un banc ? Quant au goûter … Ah, la hâte de vous lire !
Commentaires
Une Veronica qui raconte son jardin ??? Mais je veux le lire moi !!! je vais adorer … J’espère le trouver à la biblio ! car fauchée comme les blés !
Le mien, l’été, c’était retrouver le Finistère de mes grands-parents alors que vivions dans la chaleur togolaise, retrouver le bois de noisettes qui courait le long de la clôture, faire des parties folles de cache-cache avec mes cousins, se cacher derrière les hortensias, descendre le long de la pêcherie, faire la belle aux rochers sauvages, me sentir libre, gaie, vivante, je crois que je retrouvais à chaque fois mes racines et c’était merveilleux pour ça, hélas, ce temps ne reviendra plus !
Je t’embrasse ma conteuse chair, de saison
Souvenirs de beaux jours chauds, de senteurs de foin fraichement coupé, de l’odeur des confitures mijotant dans la casserole (de fraises, framboises, groseilles ou myrtilles cueillies dans les bois…) La couverture dans l’herbe aussi… Et pour le goûter, une tranche de pain beurrée accompagnée d’un morceau de chocolat… Un délice…
Bonjour Lily,
… L’été, un mot aux souvenirs lointains
Qui remonte à l’enfance.
Il signifie loisirs, vacances,
Farniente, nonchalance.
Douce rêvasserie !
J’envie cette véronica et ses si beaux souvenirs
Je note ce livre certain!!! J’aime beaucoup ces lecture. C’est le genre d’été qui me fait rêver.
on a envie d’être en vacances!
Tu nous fait rêver.
Chez nous l’été s’installe timidement.
Bonne journée Lily.
L’été de mon enfance… il y a beaucoup d’images qui surgissent.Il y avait le minuscule jardin derrière la maison familiale au milieu duquel un cerisier attirait les oiseaux (et nous offrait, au mois d’août, des tonnes de cerises surettes que ma grand-mère transformait en confiture). Il y avait, certains après-midi de chaleur, la promenade chez le glacier italien où nous choisissions chacun et chacune sa glace préférée : la mienne, c’était toujours le citron, sur cornet sucré. Il y avait les vacances d’été, toujours dans les Alpes, où la famille passait trois semaines à grimper les sentiers abruptes et où j’inventais toutes sortes de prétextes pour pouvoir rester “en bas” pour pouvoir lire, à la place. Ça ne marchait que très rarement…
Bonjour, pour moi, l’arrivée de l’été c’était la tristesse de quitter les copines car nous ne nous invitions pas les unes chez les autres durant les vacances !
L’autre souvenir c’est travail, travail, travail plus que je n’en voulais ( père agriculteur) Heureusement je pouvais lire (en cachette parfois avec la pile dans le lit !) et jouer avec mes frères et soeurs pendant l’heure de la sieste (mille bornes etc …)Mon père regardait ensuite l’arrivée du tour de France.
Le dimanche parfois c’était pique-nique avec les oncles et tantes.
Ma vie et mon été sont loin de ton texte bucolique du départ … même si la vie en plein air était agréable.
Mon père ne voyait que le travail et était désagréable avec ses enfants … j’aspirais à une autre enfance …
Et toi ?
@ Chantal : Tu as raison, à la campagne, il y avait du boulot, entre les batteries, les foins, les framboises à ramasser - une culture de deux hectares - jusqu’au 20 juillet, et en août les betteraves et les choux à planter, la vigne à relever … A cela s’ajoutaient les vaches à conduire et à aller chercher dans leur pâturage, l’arrosage des fleurs, à la fraîche, et les diverses cueillettes au jardin ou sous les fruitiers pour faire conserves, confitures ou compotes.
Pourtant, malgré cela, je me souviens d’avoir trainé au lit certains matins et d’avoir pris beaucoup de plaisir, l’après-midi, à pédaler sur un vieux vélo en effectuant de nombreux allers et retours d’une sablière jusqu’à la route (environ 300 mètres). De onze à treize ans des cousins et cousines sont venus durant un mois à la maison et nous avons passé de bons moments à faire des cabanes de fougères ou à jouer au papa et à la maman parmi les bottes de paille. Le tonton nous grondait, évidemment, mais … nous on trouvait ça génial ! A douze ans avec une cousine, nous avons commencé à écrire un roman, le tour du monde de quatre amis. J’aimais beaucoup cela, car n’ayant jamais voyagé, je cherchais des renseignements dans les livres et des fenêtres s’ouvraient dans mon esprit. Amitié Chantal et à bientôt !
Bel été enfin, il en a mis du temps à venir ! et même je crois que ce n’est pas encore pour tout le monde ?
Comme plusieurs d’entre vous, l’été c’était presque toujours à la campagne.
Sauf….une année on est tous partis en Provence, dans la Provence de l’intérieur, celle des oliviers centenaires, des pierres sèches et des cigales, celle des odeurs des fleurs que l’on distille pour en faire des parfums des savons.
Une petite maison mise à notre disposition par des amis, avec juste une glacière de zinc étamé et tous les jours pour avoir un peu de boisson fraîche, on allait acheter un pain de glace qu’on rapportait à la maison, il fondait en partie dans la voiture.
Entourée d’un oliveraie, une terrasse avec deux bancs de bois blanchis par le soleil et une table de bois fixée au sol.
Un dépaysement total, on a découvert des lieux merveilleux les massifs des Maures et de l’Estérel rougeoyant le soir à la tombée du jour. Et puis la “route de la corniche” quel beau nom la route de la corniche quand on la prend, on découvre tour à tour des échappées à pics sur la mer.
Pour finir cette évocation, je me souviens que le soir je lisais en pleurant à mon petit frère “La chèvre de Monsieur Seguin” - C’était triste mais c’était beau.
L’été il y avait le travail sur la ferme. Mais des plages de temps libre où je prenais mon vélo pour sillonner la campagne ou le village. Je me souviens aussi des pâtés aux prunes que nous dégustions à tous les repas, jusqu’à les détester… Et puis il y avait la fabrication de marionnettes et la réalisation de spectacles avec ma cousine, les rires sous les arroseurs dans les champs de maïs… Avec mon frère, nous allions jouer dans un gué du Layon, où nous attrapions des écrevisses. Oui beaucoup de souvenirs heureux grâce à la présence de cette nature que je chérie tant et où j’ai toujours trouvé la force de continuer.
J’adore cet extrait… Mhumm, des odeurs, des saveurs, des sensations… Un délice !! Il a l’air très intéressant ce bouquin !! Tu sais, je ne sais pas si je te l’ai déjà dit mais j’ai très peu de souvenirs d’enfance, pratiquement pas… J’ai quelques sensations et d’images qui me reviennent de nos vacances à Juan les Pins… De très beaux souvenirs, et des odeurs… (j’ai lu avec beaucoup de plaisir aussi ta réponse au commentaire de Chantal, et alors ce roman vous l’avez terminé ??) Bisous, bisous