- Allez, va pour une petite !… Y’avait une fille dans le pays, en Vendée, qui approchait des vingt-trois ans; elle se désolait de ne pas être encore mariée. Elle était jolie pourtant, mais ne sortait guère, car elle aidait beaucoup ses parents à la ferme. Elle finissait par se demander si c’était pas la volonté du Bon Dieu de rester d’même, (comme ça), sans mari.

Et elle a pris l’habitude  d’aller toutes les semaines dire une prière devant une statue de la Bonne Vierge. Elle allumait un cierge ou déposait un bouquet de fleurs des champs, ensuite elle se signait et  disait tout haut :

“Bonne Sainte Vierge que j’aime tant,

Dites-moi donc,

Le Bon Dieu veut’y que j’me marie

Ou préfère-t’y que je reste d’même ?”

Bonne Mère Fontenay-le-Comte

Eglise de Fontenay-le-Comte

Le sacristain s’amusait, tout petit dans un coin, en entendant ça. Un jour il s’est caché bien près de la statue et  il a attendu, elle venait teurjou à la même heure.

Elle est entrée la pôvre, elle était patiente mais elle espérait tout de même un petit signe en guise de réponse :

“Bonne Sainte Vierge que j’aime tant,

Dites-moi donc,

Le Bon Dieu veut’y que j’me marie

Ou préfère-t’y que je reste d’même ?”

Prenant une toute petite voix aigüe, le sacristain s’est lâché :

- Restez donc comme vous êtes !

Le sang de la fille lui est monté d’un coup au visage. Elle a regardé le petit bonhomme Jésus d’un oeil sévère et lui a lancé :

- Oh toi, taise ta goule* et laisse donc parler ta mère !

Fuschia

* Tais-toi donc !