Quelques heures de printemps
Un bien joli titre qui laisse présager fraîcheur, poésie et scènes bucoliques. Mais attention, le printemps est mitigé et ce film ne laisse pas indemne ! Deux compagnes de gym m’en avait parlé avec beaucoup d’enthousiasme. Heureusement, elles ne m’en avaient pas trop dit.
Un homme d’âge mûr se retrouve, à sa sortie de prison, contraint de vivre chez sa mère.
On devine que ce n’est pas la joie; l’ambiance tendue s’envenime vite entre cette femme un tantinet rigide et ce fils unique qui oscille entre silence et colère. Pourtant, au-delà des mots qui font défaut, on sent de la bonté chez ces deux êtres fragilisés. Bonté qui illumine des scènes très quotidiennes filmées avec lenteur au plus près des personnages et qui nous permet de les suivre dans l’aridité de leurs parcours respectifs. Car, si Alain a été condamné par la justice et peine à retrouver une vie “normale”, sa mère, elle, est condamnée par la
maladie. En cette période délicate, trouveront-ils l’énergie pour faire fi de leur rancœur et se rapprocher l’un de l’autre ?
Ce film, tout en abordant l’éternel thème de la communication, nous fait glisser vers les questions soulevées par la souffrance et la certitude d’un départ inéluctable. Pas de parti pris, pas de longs discours, mais de l’attention aux petites choses, un visage que l’on débarbouille, du linge soigneusement plié, des compotes mitonnées avec affection … et surtout une question ouverte que chacun méditera en lui-même : “Votre vie, estimez-vous qu’elle a été belle, réussie ?”
Ceux qui ont trop de certitudes - ou trop de blues - s’abstiendront probablement de ce moment cinématographique où s’enchevêtrent gravité, tendresse, douleur et pudeur. Mais, outre un remarquable duo d’acteurs entre Vincent Lindon - bourru à souhait - et Hélène Vincent - aux mains et au visage inoubliables - ils manqueront la découverte d’un cinéma qui, dans une veine naturaliste, ausculte notre époque et va nous chercher très loin dans notre humanité.
Brr, j’ai un peu froid,
J’ai une autre façon de voir,
Pourtant, je souris
Comme un soleil qui libère une source gelée, ce film donne envie de parler … Ô parents, amis, êtres chers, il faut que je vous dise …
“Quelques heures de printemps” film de Stéphane Brizet - 2012 - avec Hélène Vincent, Vincent Lindon, Emmanuelle Seigner et Olivier Perrier.
Commentaires
As-tu pensé à être critique cinéma…. Tu me donnes envie d’aller voir ce film….
Je surveille ce film. Je sais que je vais aimer beaucoup. Tu en parles si bien! :)
Une invitation à voir le film qu’il sera difficile de refuser.
Des sujets bien difficiles à traiter, ils touchent tant à l’intime… Tu en parles très bien. Belle après-midi. brigitte
“Pas de parti pris, pas de longs discours, mais de l’attention aux petites choses” - au-delà de la thématique qui m’apparaît intéressante, c’est la démarche qui m’attire. Je surveillerai la sortie de ce film chez nous. Merci d’y avoir attiré mon attention !
Super film, magistralement joué, mais en effet, ça plombe ce handicap de la communication !
J’aime ces films qui respectent le spectateur et ne le prennent pas pour un idiot, qui osent les non-dits, non-expliqués, qui osent à peine suggérer, mettre des “…” avec la confiance que ce sera compris quand même.
J’aime ( mais pas que ) ces films qui ont leur côté “utile”, à traiter des sujets rares et difficiles, qui font réfléchir à la réalité, à la législation… au problème de devoir aller en Suisse pour pouvoir exercer son libre-arbitre jusqu’au bout… Avant 1975, c’était pour une autre facette du libre-arbitre qu’il fallait traverser les frontières !
Tant d’émotion et de délicatesse dans ton billet! Ils semblent prisonniers l’un de l’autre, de la vie, la mort, de l’amour aussi.
Ces “quelques heures” sont-elles la clé du film?
Merci Lily pour cette belle chronique qui éveille en moi bien des souvenirs.
Moi aussi j’aurais bien aimé voir l’expo où participe mon prof. HELAS !!!
As-tu pris contact avec Marie CONNAN pour la sortie du 17 novembre ?
à bientôt de tes nouvelles
Ta belle critique
me donne envie d’aller voir ce film
Mauvaise manip’. Je viens de supprimer ton commentaire sur mes îles. Si tu as le temps de repasser…
Étonnant que tu parles de ce film car un collègue de travail m’en a parlé mercredi dernier ! Maintenant que j’en sais plus j’ai envie d’aller le voir. Merci Lilly !
C’est un des films qui me tentent le plus en ce moment… Et puis avec Vincent Lindon ça marche toujours, je suis toujours émue !! Le sujet est magnifique en tout cas, j’avais adoré “Mademoiselle Chambon” je crois que c’est le même cinéaste.
Rien que pour toi Lily.
” Je casse une branche de saule de montagne et l’envoie à mon seigneur
Plante-la devant ta fenêtre et admire-la
Quand dans la nuit une feuille nouvelle apparaîtra imagine que c’est moi “. Dame Hong, Corée, XVI e siècle.
Traduit du coréen par Patrick Maurus.