La terre est bleue
Pour une bouchée de pain, dans un magasin de dépôt, j’ai pu empocher un Paul Eluard qui n’était en rien corné ou jauni. Un Paul Eluard surréaliste dont la poésie ne s’est pas toujours frayé un chemin dans l’esprit de tout un chacun. L’ouvrage fort heureusement comporte deux parties :
Capitale de la douleur
suivi de L’amour la poésie
Editions Galimard
Dans cette deuxième partie, j’ai retrouvé un poème beau et énigmatique sur lequel j’avais “médité”, il y a un an déjà, à partir du blog de Koka. Vous me connaissez, un peu, j’aime ça, creuser !… La terre, les sentiments, le sens des mots et de ce qui nous entoure, la vie quoi ! J’ai même pris plaisir à les caresser ces mots, ceux du poète, et à les retourner dans tous les sens pour les voir pousser à ma façon. La superbe métaphore des deux premiers vers, évidemment, je l’ai gardée intacte.
La terre est bleue
Comme une orange*
Plénitude sphérique
Où les mots s’abreuvent
A la source fraîche
De nos coeurs tendres et fous
Quelques secrets lovés
Dans le creux de nos âmes
Fondent en sourires en baisers
Sur ses lèvres sur ma peau
Masque Louis Welden Hawkins (1849–1910)
Musée d’Orsay
Au chant de l’oiseau vert
Langue glissant dans mon cou
Un collier de fenêtres
M’apporte vie et lumière
Toutes les joies solaires
Qui irradient son corps
Des ailes s’emparent des feuilles
Que l’on croyait presque mortes
Sur les chemins de la beauté
Sur les chemins de
Ma douce
Saison.
Lily Framboise 2012.
À partir d’un poème de *Paul Eluard
Commentaires
Hou il est beau ton texte Lily, ça te va bien l’amour et les “chemains” beaux de la douce saison … :) Plaisir de lire tes mots …
Mais mais ce recueil d’Eluard c’est le tout premier qui m’accompagne depuis mes 15 ans, j’ai choisi ensuite de l’étudier une année en fac, c’est te dire si je l’aime et le connais …
Lily, Comment peux-tu passer du temps à ‘creuser’ un poème?
Toi qui goûtes Paul Éluard, tu liras avec étonnement cette pédanterie à propos de tempéraments et caractères :
http://ahoui.over-blog.com/article-…
Paul Éluard, je l’avoue franchement, je ne le connaissais pas autrement que par son nom (quand j’étais à l’école, on étudiait du Goethe, du Schiller, du Rilke et du Trakl…). Là, tu as attiré mon attention sur un de ses poèmes que je suis allée lire, dans l’original. Puis j’ai relu le tien : J’aime beaucoup “les chemin de ma douce saison” - et je suis contente que toi aussi, tu vives certains moments de l’automne ainsi.
Merci Lily, un poète avec lequel je me sens en harmonie, que je relis souvent.
Pour toi ce dimanche:
Suite
Dormir la lune dans un oeil et le soleil dans l’autre
Un amour dans la bouche un bel oiseau dans les cheveux
Parée comme les champs les bois les routes et la mer
Belle et parée comme le tour du monde
Puis à travers le paysage
Parmi les branches de fumée et tous les fruits du vent
Jambes de pierre aux bas de sable
Prise à la taille à tous les muscles de rivière
Et le dernier souci sur un visage transformé.
Belle journée!
Joli cahier à spirale.
” Il pose un oiseau sur la table et ferme les volets. Il se coiffe, ses cheveux dans ses mains sont plus doux qu’un oiseau.
*
Elle dit l’avenir et je suis chargé de le vérifier.
“
Paul Eluard, Capitale de la douleur
J’aime beaucoup Paul Eluard, tu me donnes envie de le relire…Bonne journée Lily
Je me demande pourquoi je dois remettre toutes mesz coordonnées à chque fois que je t’envoie un commentaire alors que la case:”se souvenire de moi…” est bien cochée
Eluard, Hawkins et toi, quel talent ! J’AIME INFINIMENT LA POÉSIE DU MONDE ! C’est un grand bonheur, merci Lily. brigitte
Magnifique !
Je suis allée lire la source, et puis t’ai relue…
J’adore cette idée qu’un inspiré inspire…
qu’un poète devienne terre à creuser, à ensemencer, à fleurir, à écrire…
Et j’aime lire à la lumière de cette terre bleue comme une orange, posée sur la commode-autel, où une guirlande de Noël installée à l’année clignote des aurores boréales en Antarctique ( donc plutôt australes ), visibles jusqu’à Alice Springs…
Comme tu écris joliment ! Incroyable cette succession de mots qui s’emboîtent harmonieusement ! J’aime Eluard mais il y si longtemps que j’en ai lu… Belle et douce journée
Que j’aime ta version, Lily !
Et quel beau pouvoir que celui des mots, quand ils savent “s’abreuver à la source fraîche de nos coeurs tendres et fous”…