Marc et Leïla font l’amour
(compte-rendu détaillé)

Elle lui fait ce que font les femmes aux hommes.
Elle prend dans sa bouche son oiseau et elle le fait chanter.
Elle le transforme en flûte à charmer les serpents,
à convoquer l’orage que porte en elle la nue.
Lui, il lui fait ce que font les hommes aux femmes
Il lape l’eau de sa fontaine
Il lui sculpte un monument de lèvres
Il la papillonne, la brasse et la nage
Il la remonte vers la source
Il la braise et la poudroie
L’ondoie, la semoule, la pétrit et la prend
Et tous les deux
se libellulent
se cavalcadent d’écume,
se moussonnent, se vannent, se pourfendent
et s’unissent,
s’illuminent et se sombrent dans la douceur
Car chacun porte en lui la colombe
au versant de sa nuit
un jour phosphorescent.

Arbres-reflets-arborétum

Valse des amants

Comme l’eau a besoin de la terre
Comme le ciel a besoin des oiseaux
Comme le miroir a besoin du regard

Les amants ont besoin l’un de l’autre
Pour se connaître à leur reflet inverse

Comme la glace a besoin du soleil
Comme le feu a besoin de la neige
Comme la pluie a besoin des forêts

Les amants ont besoin l’un de l’autre
Pour scintiller avant de disparaître

Comme la nuit a besoin du jour
Comme l’arbre a besoin de ses fruits
Comme l’adulte a besoin de l’enfant

Les amants ont besoin l’un de l’autre
Pour grandir et pour se prolonger.

Francis Combes

Deux extraits de
"La romance de Marc et Leïla"
Éditée par "Le temps des cerises"

Pierre-August Renoir, Danse à Bougival

Pierre-Auguste Renoir (1841-1919) - "Danse à Bougival" 1883
Museum of Fine Arts, Boston