"Mille vies à celui qui possède un crayon."VR

Dans la foulée de "L'Or des chambres", devenue "L'Or rouge" - qui s'exclamait début avril : "Un recueil de poésie qui m'a vraiment touchée. Une voix comme je les aime"- j'étais prête à le suivre ce "général sans armée" qui "a pour le soleil le silence" et qui "préfère s'évader en retrouvant l'enfance." J'étais prête à m'insurger avec lui contre ces "éditeurs patentés qui font la pluie et le beau temps" et ne proposent à notre époque que des images mâchées qui ne font plus rêver personne.
Cependant, au fil des pages, l'amertume (presque) diluvienne du poète m'a éloignée de ses pensées et de son "tête-à tête avec demain", par trop opaque, lourd et empreint du besoin inconsolable d'être reconnu et apprécié à sa juste mesure.
Parfois une lumière, l'épuisette d'un pêcheur à la ligne, ou le grelottement des anges m'ont fait vibrer, tout comme ce cri :" … à moi l'imaginaire qui est un trou perdu dans le fond du cerveau d'un enfant."
Pourtant, rapidement, la plainte lancinante de l'homme désabusé et verbeux reprenait le dessus. J'avoue que cela m'a souvent pris la tête. Avais-je bien compris ? Suis-je inculte ou dans une autre bulle ?… Possible, mais ces "Correspondances" avec leur poids de révolte, de causticité et d'amour sans retour, me semblent, à vrai dire, destinées à certains plus qu'à d'autres.
Dans six mois, dans un an, ou peut-être plus,  après avoir lu et goûté d'autres poètes contemporains, je reviendrai tenter de trouver un chemin parmi ces petits cailloux étranges et pleins d'aspérités. Qui sait ? J'y trouverai peut-être alors une blessure offerte, devenue nourriture pour celui, celle, qui cherche des voies aussi exigeantes que personnelles. D'ailleurs, ici, Asphodèle, et , Mélusine, expriment des avis beaucoup plus élogieux que le mien.

"Choisir un mot, l'aimer passionnément, retrouver son essence et le relier à d'autres ; voilà mon travail, mon apothéose."VR

Que vous dire d'autre, si ce n'est que Valence Rouzaud, dans son souci du détail et sa poésie du geste, corrige au Blanco et au stylo les recueils envoyés gracieusement par la poste et qu'il les dédicace de son  écriture large et raffinée, avec des majuscules à l'ancienne. Touchant ! Vous l'aurez deviné, cet homme est un nostalgique des grands poètes du passé …

Correspondances

Pour l'envoi de ces "Correspondances"
et pour la réflexion qu'elles suscitent,
Merci au poète.

* Editions Thierry Sajat